LA CHARITÉ DU POILU (1916)

Dans le supplément du Petit Journal illustré n° 1307 du 9 janvier 1916 se trouve ce dessin en couleur signé « CH. PUTOIS 1916 » qui nous montre un poilu de la Grande Guerre, le dernier d’une troupe, qui s’arrête devant une pauvre femme et son bébé, assise au bord de la route, et lui tend sa boule de pain. C’est l’une des multiples images du « partage du pain », exprimé dans le contexte de la guerre.

Voici en quels termes le Petit journal illustré commente le dessin :

« La scène touchante que reproduit cette gravure a dû se reproduire maintes et mainte fois depuis le commencement de la guerre, car nos braves soldats ont manifesté partout ce noble esprit de charité et de solidarité nationale qui n’a cessé d’animer tous les Français.
Après des attaques victorieuses, nos troupes, ayant reconquis des villages longtemps occupés par l’ennemi, en ont trouvé le plus souvent les habitants dans le plus affreux dénuement. Les Boches avaient tout réquisitionné ; tout pillé ; tout pris. Les malheureux paysans n’avaient plus rien ; plus rien que leurs yeux pour pleurer.
Mais l’arrivée de nos soldats ramenait la sécurité et allait rendre, quelque bien-être aux malheureux que l’invasion avait ruinés.
Cependant, le ravitaillement des régions naguère occupées par l’ennemi ne pouvait s’effectuer immédiatement et, il fallait parer au plus pressé.
Les malheureux Français opprimés par les Boches manquaient de tout. Et c’est alors qu’on vit les soldats partager avec eux leurs vivres de réserve.
La charité du poilu s’est ainsi exercée en maints endroits. Et cette scène qui montre un brave soldat donnant sa miche à une pauvre femme, c’est l’illustration même de l’âme française, de l’âme héroïque et charitable de nos poilus. »

Nous avons déjà rencontré le thème du soldat offrant son pain aux pauvres habitants d’un village dans l’article de Laurent BOURCIER, Picard la Fidélité : « Pain sur terre, brioche au ciel ». Il était illustré par une lithographie plus ancienne de Nicolas-Toussaint CHARLET (1792-1845).

Cette propagande autour du « bon soldat » s’est aussi exprimée du côté allemand durant la Grande Guerre, pour présenter le soldat comme un homme généreux et compatissant envers les populations des zones occupées.

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