Jeton de Pain l’Avenir des Travailleurs Onnaing (59)

72 – Jean-Claude THIERRY. Collection privée.

Zinc. Rond, percé, uniface. R. Elie classe ce jeton: 10.1. p 248, absence de cote et dessin.

L’AVENIR / DES TRAVAILLEURS / PAIN DE 3 LIVRES / Signe de Foi, (mains serrées).

La ville d’Onnaing est située sur la rive droite de l’Escaut entre Valenciennes et la frontière belge. Terre d’église – le nombre de chapelles en atteste aujourd’hui – Onnaing se fait connaître et reconnaître par la suite pour son agriculture, sa mine et ses industries : brasseries, piperie, faïencerie, métallurgie… À cette époque, Onnaing fait couler beaucoup d’encre notamment celle d’Arthur Rimbaud qui évoque dans un de ses poèmes la fameuse pipe d’Onnaing.

Onnaing devient même pour l’occasion un nom commun.

Aujourd’hui, Onnaing est toujours sur le devant de la scène avec, entre autres, l’arrivée de Toyota et de nombreuses entreprises dans son enceinte située au carrefour de grandes voies de communication, venant compléter un tissu économique déjà dense

Onnaing – Eglise et Mairie

Historique du village

Situé à 6 km de Valenciennes et à la même distance de la frontière belge, Onnaing se trouve au croisement de la route de Valenciennes à Mons et de l’ancienne voie romaine qui reliait Bavay à Tournai, en passant par Escautpont.

Le territoire a une superficie de 1 296 ha et son altitude moyenne est de 25 mètres. Le nom d’Onnaing apparaît en 911 sous la forme latine ONINIUM. Après d’autres appellations telles que ONAING en 1148, la forme définitive se stabilise au XVe siècle. L’étymologie du nom n’a jamais été levée mais semble d’origine germanique.

C’est en 637 que le roi Dagobert fit don du village à Saint-Aubert, alors évêque de Cambrai. C’est pourquoi, Onnaing restera sous la tutelle du Chapitre de Cambrai jusqu’à la Révolution.

Autrefois, sous l’autorité autrichienne, puis espagnole, Onnaing devint français en 1678. Le village fut à vocation agricole jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Il prendra son essor en 1798 quand Charles Giraud fit planter sur le “Larsin” des racines de chicorée-café et développa le procédé de séchage de ces mêmes racines (cossettes). C’était une première en France. Dès lors, toutes les fermes d’Onnaing et environ s’équipèrent en tourailles et les fabriques de chicorée s’épanouirent.

Le XIXe siècle fut celui du développement industriel. La population qui était de 450 habitants en 1365, passa à 724 en 1693, puis à 1 837 en 1800. Atteignant les 10 000 habitants dans les années 1970, elle est actuellement de 8 848.

La place de l’église

C’est autour de l’église primitive que s’est développé le village. A partir du VIIe siècle, une église fut construite sur les fondations d’un temple dédié à Mercure. Cette église fut aménagée au XIe siècle, puis reconstruite au XVIe, de même que la clocher actuel (1532). Enfin, elle fut agrandie à la fin du XIXe en inversant…

Les chapelles

Onnaing possède encore quatre chapelles. La plus ancienne, celle de Notre Dame de Grâce (patronne du lieu), près de la place Pasteur, daterait d’avant le 16ème siècle. Elle fut restaurée en 1879 et en 2002. Celle de Saint-Roch, près de la place Voltaire, aurait été érigée …

La Faïencerie

C’est en 1821 que fut fondée la faïencerie au lieu dit “Larsin” par Ferdinand de Bousies de Nimy sur un terrain de 1,3 ha. A l’instar de la piperie, la faïencerie emploiera 500 personnes. A l’arrêt de la fabrication en 1938, la superficie s’étendait sur 6,5 ha.

Les différents types de fabrication étaient :

– la vaisselle courante en blanc ou ivoire

– les articles en majolique

– les articles sanitaires

– les créations diverses tels les pichets à bière, etc. La piperie

 

En 1825, Pierre-Joseph Scouflaire et son frère Antoine-Joseph, venus de Nimy (Belgique) montent un embryon de fabrique de pipes en terre réfractaire dans les dépendances de la ferme Boursier (Stade). En 1840, la piperie s’installe rue St-Roch (Scouflaire actuellement)…

Les sucreries et les brasseries

Il y avait six sucreries à Onnaing au milieu du 19ème siècle. Certaines ne durèrent que quelques décennies. La plus importante, la sucrerie Brabant fut fondée en 1832. En 1905, elle fusionna avec la sucrerie Drion. Elle cessa son activité après la guerre 14-18. A l’époque de la fabrication, 130 personnes y étaient occupées.

Onnaing possédait également des brasseries importantes à : Denis BATAILLE, Arnould MOCHEZ, Edouard GIRAUD puis Charles VERDAVEINE, Henri et Marcel VENOT, Charles CLERQUIN …

C’est en 1892 que commencèrent les sondages dans les “Prés d’Onnaing” mais c’est en 1894 que s’effectua le creusement des puits. En 1897, la production de charbon était de 150 tonnes par jour. Celle-ci augmenta régulièrement et atteignit le chiffre de 200 000 tonnes en 1910. L’extraction se poursuivit jusqu’en 1967 mais le 1er janvier 1968 : arrêt de l’activité.

Jusqu’au XVIIIe, le village d’Onnaing fut essentiellement agricole. Les censes les plus importantes furent celle du Landas, celle de l’Abbaye de Vicoigne qui devint ensuite la propriété de Drion et celle de Brabant. La cense du Landas d’origine très ancienne était située en partie sur la propriété actuelle des Ets Mariage. La famille de Landas l’occupait déjà au XIIIe siècle.

L’industrie métallurgique

Les premières activités métallurgiques commencèrent au début du XIXe siècle. L’usine Lefebvre commença son activité de mécanique générale en 1846. Elle fut suivie à partir de 1880 par les Ets Barbier Venot et Lemaire. L’usine Venot, la plus importante, spécialisée dans le matériel de mines et la grosse mécanique, équipa de nombreuses usines en France et à l’étranger. Dirigée à partir de 1946 par Fernand Venot, ce dernier en fit une société prospère et mondialement connue. Elle occupait, après la seconde guerre mondiale, plus de 1 300 personnes. Elle cessa son activité en 1976.

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