Les « Richou » Mère et Compagnons Nantais.

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René Jacques Richou, Charpentier (Archives familiales)

Nous allons découvrir une grande famille compagnonnique, famille qui se construit  autour d’un personnage  très important dans les sociétés compagnonniques, « La Mère ». C’est autour de la Mère des Compagnons Boulangers du Devoir de Nantes, dit « Les Amis de L’Union » que nous allons découvrir Compagnons Charpentiers, Boulangers et Relieur.

Cette dynastie commence par celle d’une famille de charpentier ; René Jacques RICHOU est né le 9 avril 1820 à Gonnord (Maine et Loire), fils du charpentier  René RICHOU ( 1781-1856), épouse la profession de son père  (à ce jour nous ignorons s’ils étaient  Compagnon du Devoir).

René Jacques RICHOU se mari  le 23 septembre 1849 à Gonnord, avec Thérèse, Jeanne MERIT, couturière (1826 -1902), celle ci a un frère, André (1824-1893) qui est boulanger.

De cette union sont nés neuf enfants :

1 René Anastase RICHOU charpentier (1850) Marié le 3 octobre 1876, à Gonnord,  avec Jacquine Aimée BARJENTAY.

2 Marie Thérèse RICHOU (1854) mariée avec Louis DELAUNAY.

3 Joseph Charles RICHOU (1856-1863)

4 Philémon Augustin RICHOU  (1858-1858)

5 Thérèse Pauline RICHOU (1858)

6 Alphonse André RICHOU (1860),  Angevin l’Enfant du Génie, Compagnon passant charpentier du Devoir.

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Angevin l’Enfant du Génie, Compagnon passant charpentier du Devoir, photographie prise à Tours, rue Royale, aujourd’hui, rue Nationale. (Archives familiales).

7 Athanase Pierre RICHOU (1862)

8 Gertrude Jeanne Pauline RICHOU (1864)

9 Jean André Camille RICHOU, né  le 27 juillet 1852 à Gonnord, (49) a pour  parrain  son oncle André MERIT (1824-1893) boulanger, épouse la profession de celui ci et est reçu Compagnon boulangers du Devoir à Orléans, le jour de Noël 1872, sous le nom d’Angevin la Tranquillité.

Membre de la fraction des Compagnons boulangers du Devoir de Nantes dit « les Amis de l’Union »,  adhérant a l’Union Compagnonnique, Second en ville de la Cayenne des boulangers du Devoir de Nantes en 1891 et  secrétaire adjoint .

Le 10 octobre 1895 est élu père de l’Union Compagnonnique de Nantes, son épouse deviendra Mère des Compagnons Boulangers du Devoir de l’Union Compagnonnique.

Sans titre16Angevin la Tranquillité

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Carte de « Remerciement » de Jean RICHOU, Angevin la Tranquillité, Compagnon Boulanger du Devoir, cette carte a été remise à Nantes. La carte de remerciement était donnée en fin de TDF ou quand le compagnon souhaitait passer du corps actif vers le corps passif. (Archives familiales)

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Traduction des abréviations :

Le Nommé Richou Jean Natif  De Gonnord

Département Maine et Loire

Honnête Compagnon Du Devoir Surnommé Angevin la tranquillité

Reçu A Orléans Le jour de Noel 1872

Le Présent Tableau Lui A EDélivré

Sur Connaissance De Maître Jacques

Son Arrivée A Marseille LEntrevue

Du Philosophe Xantes Son Passage

Et Son Arrivée A Jérusalem Sur Les

Colonnes Védréra Et Mikaloé Sur

Le Retour De Maître Jacques Et

Son Débarquement A Marseille.

Toutes les lettres en caractère gras sont les initiales telles quelles sont représentées sur la carte.

Ce document a été remplit à Nantes pour le sieur Richou.

Sur le tombeau en bas : Ici Repose Notre Père

En bas de la colonne de droite : Force et Vérité

En bas de la colonne de gauche : Justice Lumière Beauté

Les colonnes  : Jackin et Baoz 

Angevin la Tranquillité se marie le 26 novembre 1877 à Clisson, avec Marie Henriette Marguerite GAUCHER, née le 22 décembre 1852  à Beaurepaire (Vendée), qui deviendra « Mère » des Compagnons boulangers du Devoir, Union Compagnonnique de  Nantes, au 11 rue de la Juiverie.

Le Compagnon boulanger François MAGNAN, Angoumois l’Exemple de la Justice, dans un article intitulé « Trois chiens blancs », publié dans le journal « Le Ralliement » en mars 1897, fait une description particulière de l’auberge de la Mère RICHOU, il faut dire que celui-ci est un ardent défenseur des Compagnons restés fidèles au Devoir, et ennemis de l’Union Compagnonnique dont Madame Richoux est la nouvelle mère depuis 1895 :

«… Dans une vielle et sombre ruelle de la ville de Nantes, siège à cette heure une société que l’on ne peut qualifier d’aucun titre vu son caractère et son organisation, l’aspect du local en est sévère. Dans les couloirs humides et noirs résonnent des pas de bêtes et dans la salle obscurcie par la fumée, ce n’est généralement que cris, disputes, blessures, carreaux casses, alcools et boissons qui coulent sur les tables et sur le sol. Le chien qui arrive dans un tel logis se demande à lui-même s’il est vraiment chez une mère, ou plus tôt dans un lieu d’orgies mêle à toutes espèces d’êtres immondes… »

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Echarpe de Mère de Madame RICHOU « Les Compagnons Boulangers du Devoir à leur Mère RICHOUX » (Archives familiales)

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Saint Honoré 1901 des Compagnons Boulangers  de l’Union Compagnonnique de Nantes, au centre la Mère RICHOU. (Musée du compagnonnage, Union Compagnonnique, Nantes)

Angevin la Tranquillité décèdera le 18 novembre 1896 à Nantes, à l’âge de 44 ans (présent à la déclaration de décès : Arthur GIRAUDET, Vendéen Sans Gène, C.B.D.D. de l’UC, Isidore OLIVIER, Nantais le Génie du Devoir C.B.D.D. U.C.)

A la réunion du 1 novembre 1920 de l’Union Compagnonnique de Nantes, une somme de 200 francs est voté à Mme RICHOU, veuve d’Angevin la Tranquillité, à titre d’indemnité morale. Madame RICHOU offre à l’Union Compagnonnique des lithographies compagnonniques.

Madame RICHOU décédera le 30 novembre 1931 à Nantes, à l’âge de 78 ans, lors de son décès, elle est domiciliée au 23 rue de Emery à Nantes. Jusqu’a sa mort elle s’intéressera à l’activité de l’Union Compagnonnique de Nantes. Elle sera inhumé le 3 décembre 1931 au Cimetière La Bouteillerie (Carre F rang 7 fosse 10).

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(Archives familiales)

Enfants de Jean André Camille Richou, Angevin la tranquillité  et Marie Gaucher Richou :

1 – Marguerite, Thérèse RICHOU (1878) mariée le 2 octobre 1899, à Nantes, avec Florentin, Arthur, Célestin, GIRAUDET (1868-1919), Vendéen sans gène, Compagnon Boulanger du Devoir de l’Union Compagnonnique, reçu à Nantes le 26 janvier 1896, premier en ville à Nantes en 1897, élu vice président de l’Union Compagnonnique de Nantes en 1904, délégué de la ville de Nantes UC au congrès de Tours en 1909, écharpe d’honneur de l’Union Compagnonnique, décédé à Nantes chez la Mère RICHOU au 11 rue de la Juiverie (son domicile).

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Le 2 octobre 1899 à Nantes, double mariage de Thérèse RICHOU avec Florentin, Arthur, Célestin, GIRAUDET (1868-1919), Vendéen Sans Gène, Compagnon Boulanger du Devoir adhérant à l’Union Compagnonnique et de Thérèse RICHOU avec Jean-Louis LEFEUVRE, Nantais le Prévoyant, Compagnon Boulanger du Devoir adhérant à l’Union Compagnonnique (Archives familiales).

 2 – Henri Jean RICHOU, né le 25 janvier 1880 à Nantes Nantais la Tranquillité, Compagnon Relieur des Devoirs Unis, reçu à Nantes à Pâques 1898, couleur d’honneur (dans la famille).

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Echarpe d’honneur d’Henri Jean RICHOU, Nantais la Tranquillité, et Henri Jean RICHOU sous l’uniforme du 68 eme régiment d’infanterie de ligne. (Archives familiales)

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Henri Jean RICHOU lors du conflit de 1914 sera incorpore au 65 eme régiment d’infanterie.

Extrait de l’ « Historique du 65 eme régiment d’infanterie » anonyme, Charles Lavauzelles éditeur 1920 :

Juin 1916 : « Verdun ! Le royaume de la mort, ou les unités vont tour à tour sacrifier le meilleur d’elles-mêmes pour que se vérifie la parole a jamais célèbre : « Ils ne passeront pas ! »

Verdun, le tombeau sacré des héros anonymes, plus grand que les La Tour d’Auvergne et les d’Assas, héros dont on ne connaitra jamais toute l’histoire comme on n’en connaitra jamais les tombes.

Thiaumont : le 65 eme monté en ligne peu de jour avant que l’ennemi commence sa puissant action offensive en direction de Froide Terre et Fleury. Du 11 au 23, le 1 er et le 3 eme bataillon, successivement engagés au nord-ouest de la ferme de Thiaumont, résistent à deux furieuses attaques allemandes, si bien que l’ennemi tente ailleurs la percée qu’il n’a pu obtenir sur les lignes du régiment… »

C’est le 15 de ce mois juin 1916 à l’Age de 36 ans, à ce  Thiaumont, que  Nantais la Tranquillité soldat de 2 eme classe, de ce 65 eme d’infanterie va trouver la mort . « Mort pour la France ».

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Sans titre26(Archive Ministère de la défense)

3 – Jeanne Marie RICHOU (1878-1878)

4 – Thérèse RICHOU (1882-1959) mariée le 2 octobre 1899 à Nantes, avec Jean-Louis LEFEUVRE, (1867-1947)  Nantais le Prévoyant, Compagnon Boulanger du Devoir adhérant à l’Union Compagnonnique.

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Cannes de Nantais le prévoyant (la plus petite) et d’Angevin la Tranquillité (Archives familiales)

5 – Rachel RICHOU 1889, mariée le 26 octobre 1910 à Nantes, avec Damas, Isidore CHEVALIER (1885-1917) boulanger.

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(Archives familiales)

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(Archive Ministère de la défense)

En 1917, Damas, Isidore CHEVALIER est caporal au sein du  234 eme régiment d’infanterie de réserve, il perd la vie à Courteau (Aisne) tué à l’ennemie le 14 juillet 1917 , lors de la première victoire des alliés américains sur les allemands. « Mort pour la France ».

Je tiens à remercier plus particulièrement Monsieur Christian BRISSEAU, et à travers lui tout les descendants RICHOU-GAUCHER, pour nous avoir communiqué la grande majorité des documents photographiques présentes, ainsi que les nombreuses informations qui ont permis d’écrire cette « Mémoire d’hommes, Mémoire de Compagnons »

Au nom de la Mémoire du Compagnonnage, trois fois merci.

Laurent Bourcier, Picard la Fidélité, C.P.R.F.A.D.

Commentaires concernant : "Les « Richou » Mère et Compagnons Nantais." (7)

  1. Parisien Prêt à Bien Faire CMDDDL a écrit:

    Merci, mon Pays, pour cette recherche époustouflante et documentée; c’est un article fouillé, comme je les aime.

    (batterie à triple patte)

  2. Laurent Bourcier a écrit:

    Chers amis du CREBESC bonjour!

    Aujourd’hui, nous avons recu un courrier de Mr Christian Brisseau nous apportant une nouvelle information au sujet d’Angevin l’enfant du genie.

    « Pour compléter les informations sur le compagnon charpentier Alphonse André RICHOU dit Angevin l’enfant du génie né le 8 Juin 1860 à Gonnord
    (AD 49 vue 186/219) est bien décédé à l’âge de 25 ans le 27 Janvier 1885 à Gonnord (AD 49 vue 103/270). »

    Nous remercions Mr Brisseau de nous faire partager ses nouvelles decouvertes! 🙂
    Picard la fidelite

    • Laurent Bourcier a écrit:

      En ce debut d’année M Christian Brisseau, en nous presentant ses meilleurs voeux, a la gentillesse de nous communiquer ses dernières recherches sur la famille Richou.
      Nous le remercions pour ce plaisir de partager.

      Jean Louis Lefeuvre dit Nantais le Prévoyant habite en 1887 à Paris au n°130 de la Rue Michel Bizot, en 1898 à La Rochelle au n°6 de la Rue du Minage, en 1899 à Varades (localité où il est né) puis à Nantes où il s’installe.

      Son beau-frère Célestin Giraudet dit Vendéen sans Gène est en résidence le 3/7/1890 à Noirmoutier(85), le 4/4/1891 à Sainte-Hermine(85), le 7/7/1892 à Nantes au n°11 de la Rue de la Juiverie, le 4/11/1893 à Pornic (44), le 7/8/1894 à Nantes au n°11 de la Rue de la Juiverie et à partir du 17/11/1899 il y établit son domicile.

  3. Laurent Bourcier a écrit:

    Cher amis du CREBESC,
    Ce petit message pour vous communiquer un nouveau courrier recu de la part de M Christian Brisseau, fidele lecteur et acteur du CREBESC par ses profondes recherches sur la famille Richou. M Brisseau tiens une fois de plus a nous faire partager ses nouvelles decouvertes.
    Etant plus particulierement sensible a ces echanges qui se prolongent dans le temps, je tiens a le remercier sincerement et chaleureusement.
    Par trois fois merci.
    Picard la Fidelite

    Monsieur Laurent Bourcier bonjour,

    Après de nombreuses années de recherche concernant le mariage de Jean André Camille Richoux, Angevin la Tranquillité avec Marie Henriette Marguerite Gaucher, Mère des Compagnons Boulanger et grâce au site du Musée des Compagnons de Tours j’ai pu retrouver la date du mariage car il est indiqué marié à Clisson sur la fiche de ce compagnon dans la Base des Compagnons et je me fais un plaisir de partager cette information avec vous.
    Ce mariage a eu lieu à Clisson le 26 Novembre 1877 et on trouve l’acte sur le site des Archives Départementales de Loire-Atlantique (Vue 9/12 page de droite)

    J’espère que ces quelques mots vous trouveront en bonne santé ainsi que toute votre famille et recevez mes salutations des plus amicales et des plus respectueuses.
    Christian Brisseau

  4. Bourcier a écrit:

    Chers lecteurs,

    Voici un petit article de presse qui vient completer la biographie Richou/Giraudet:

    Bulletin de la ligue populaire pour le repos du dimanche, bulletin 1 ; 1910 (page 18) :
    D’une tres interressante enquete sur le travail de nuit en boulangerie, publiee par L’Express de l’Ouest ( 4 decembre 1909) nous extrayons le passage suivant, relatif au repos dominical :
    « au cas ou la loi serait votee, par quels moyens pratiques pourrait on procurer aux ouvriers le repos hebdomadaire dominical ? » M Giraudet, president des compagnons boulangers repond :C’est bien simple, pas plus de frais qu’a present. Le patron prendrait deux hommes supplementaire le samedi et doublerait ses fournees et puis…fatalement, on arrivera au petrin mecanique … C’est un point noir, mais pas pour les bons ouvriers ; car, il faut etre en effet, tres bon ouvrier pour conduire convenablement le petrin mecanique. Tout cela ne doit pas empecher l’eclosion d’une reforme que je desire ardemment tout en etant l’adversaire de toute precipitation inopportune qui a boutirait fatalement a une mauvaise loi »

    A bientot.
    Picard la Fidelite

  5. Laurent Bourcier a écrit:

    Notre Pays Daussin, Alsacien la Fraternité, Compagnon boulanger des Devoirs Unis, nous fait parvenir en ce début d’année, un article de L’Ouest Éclair de Nantes , qui vient compléter la biographie de la Mère Richou, daté du 29 janvier 1928 intitulé :

    Dans la poche d’un camarade.
    Des boulangers sans logis étaient recueillis depuis quelque temps selon la tradition compagnonnique, chez la « mère » des boulangers, Mme Richoux, rue de l’Emerie. L’un d’eux Berger Stanislas, rentrait samedi soir, très tot, se coucher, a 8 heures, en même temps qu’un camarade. Le troisième rentrait au contraire très tard. Vendredi M. Berger n’ayant eu besoin que de menue monnaie, n’ouvrit pas son portefeuille, mais hier, il s’aperçut que sur quatre billets de cent francs qu’il contenait, il en manquait trois. Une enquête menée très rapidement par le troisième arrondissement, prouva la culpabilité du troisième boulanger, Auguste Leroy.
    Quand on l’a arrêté, Leroy avait renouvellé sa lingerie avec l’argent volé.

    Par trois fois merci au Pays Daussin pour cette communication d’archives..

    Laurent Bourcier, Picard la Fidélité, C.P.R.F.A.D.

  6. Laurent Bourcier a écrit:

    Chers lecteurs bonjour,

    Voici une petite info glanée lors de divers recherches et qui vient completer la biographie d’Angevin la tranquillité.

    Celui-ci etait présent aux assemblées mensuelles des compagnons boulangers de la cayenne de Saumur d’octobre 1873 à juin 1875;

    D ‘octobre 1873 à juin 1873, il travaillait à Gennes (49);

    Premier en ville (président) des compagnons boulangers de Saumur de janvier à avril 1874.

    A bientot.

    Picard la fidélité, C.P.R.F.A.D.

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