Les compagnons du Tour de France

GBmorelli

Le 16 mars 1969, Monique MORELLI chante « Les compagnons du Tour de France », texte de Pierre MAC ORLAN de 1946.

Monique Morelli, née Monique Dubois à Béthune, le 19 décembre 1923 et morte à Montmartre, le 27 avril 1993, est une chanteuse française, dont le répertoire d’inspiration réaliste à ses débuts est devenu une anthologie de la chanson poétique.

Pierre Mac Orlan (de son vrai nom, Pierre Dumarchey) est né en 1882 et décédé en 1970. Écrivain français de grand talent et auteur d’une œuvre abondante et variée, il débuta par l’écriture de contes humoristiques, après avoir en vain tenté une carrière dans la peinture.

Après la Première Guerre mondiale, son inspiration se tourna vers le registre fantastique et le roman d’aventures. La dernière partie de sa carrière littéraire fut consacrée à l’écriture de chansons, d’essais et de mémoires.

Paroles retranscrites pour l’occasion:

Nous étions trois jolis garçons, tous les trois du même canton;
Moi et cadet, cadet d’Henri avec Emir de Bois Baudry;
On sortait de l’apprentissage, moi charpentier l’autre tonnelier;
Plus Elvir qui était sabotier;

Le jour du tirage à Rebets, on était plus blanc que des navets;
Que maudit soit le sacré tirage et son foutu numérotage;
En arborant nos numéros, y’en avait qu’un bon dans le lot;
Et c’est moi qu’il eu en partage;

J’avais donc rencontré la chance en tirant le bon numéro;
Et je gueulais vive l’indépendance, et sur la route qui mène à Maux;
Pour m’en aller à la Cayenne, prendre ma canne et mon trousseau;
Un anneau d’or à mes oreilles;

J’était Devoirant de la Raccroche, la fleur de Saint-Cyr-sur-Morin;
Avec deux tunes dans ma poche, ma belle canne d’un mètre vingt,
Au abords de Troyes en Champagne,  je fis la connaissance d’un Gavot;
Qui se prenait pour Charlemagne;

Je lui fout’y ma canne sous le museau, je savais pas ce que j’avais gagner;
Dans la bonne ville de Toulon, je suis pris par deux bras égarés qui me conduisirent au violon;
Et on m’engagea pour la chine, dans les artilleurs de marine;

Mon tour de France s’arrête là, c’est devenu mon tour du monde;
Mais comme on dit que la terre est ronde, c’est un tour qui n’en finit pas;
C’est le destin qu’est la cause de tout, sans ça je serait encore dans la paysage;
En train de chanter sur un faitage;

Il me reste dans le coeur une chanson, celle que je viens de vous faire entendre;
Elle n’a peut être pas bonnes façons, mais c’est tout de même une chanson tendre;
Quand je tenais Margaux par la main, tout le long du petit Morin;
Sur le pont de l’Archet près du moulin.

Auteur: Pierre Mac Orlan 1946

Laurent Bonneau Normand la Fidélité C.B.R.F.A.D.

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