La Nouvelle-Calédonie dans la Grande Guerre

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Le CREBESC exposant à partir d’aujourd’hui en Nouvelle Calédonie, nous publions exceptionnellement un article qui n’a pas de rapport avec la boulangerie, mais qui présente une facette méconnue ou voire même inconnue pour beaucoup de la Grande Guerre, celle de l’engagement des troupes de l’hémisphère sud dans le conflit.

Nous devons cette recherche à Emmanuel Cesteré, Toulousain coeur Sincère que nous remercions.

« N’ayant pas de liaison télégraphique ce n’est que le 5 août 1914, que la mobilisation générale est décrétée par le gouverneur par intérim Repiquet.

Nouméa devient le centre de mobilisation du « Groupe du Pacifique pour la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides et les Établissements Français d’Océanie ce n’est que le 23 avril 1915, que 713 citoyens français ( il n’y pas de kanak qui eux sont comme tous les indigènes des sujets et non des citoyens) constituant les premiers soldats envoyés en métropole sous l’appellation de « premier contingent » calédonien. Ils embarquent sur le Sontay, ils débarquent le 26 juin 1915 à Marseille.

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Le Sontay embarque des troupes à Nouméa, le 23 avril 1915 Photo Collection P.Ramona

Le 29 décembre 1915, le gouverneur Repiquet engage le recrutement des tirailleurs kanak

Le 4 juin 1916, 4 officiers et 32 sous-officiers encadrent 922 hommes de troupe comprenant 134 soldats Européens, 727 tirailleurs Indigènes, 53 Japonais, 5 ouvriers, 3 condamnés embarquent sur le Gange. Ils sont regroupés au sein du Bataillon de Tirailleurs du Pacifique (BTP), qui comprend deux compagnies kanak et deux compagnies tahitiennes, ce second contingent débarque à Marseille le 11 août 1916.

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Départ du deuxième contingent. Coll. Brun

Le 3 décembre 1916, un troisième contingent d’environ 900 hommes (912 hommes dont 357 tirailleurs kanak) part sur le Gange

Enfin, le 10 novembre 1917, embarque sur l’El Kantara un dernier détachement de 768 soldats dont 3 officiers et 16 (ou 17) sous-officiers, 396 soldats Européens, 357 tirailleurs kanak et Japonais et 5 condamnés.

Les condamnés intègrent généralement un bataillon disciplinaire ou un lieu de détention en métropole. Engagés dans la Légion Étrangère au départ de Nouméa, la plupart des Japonais désertent à Marseille pour rejoindre le Japon.

Surnommé bataillon canaque ou bataillon de la roussette en 1916, le bataillon est transformé en bataillon mixte du Pacifique (BMP) après adjonction d’une compagnie d’artillerie en 1917. Il participe aux offensives du Chemin des Dames en 1917 et 1918 puis à la bataille de la Serre en 1918.

Pour la première fois lors de la Grande Guerre, des Calédoniens partent de Nouvelle-Calédonie pour défendre la patrie.

Les survivants rentrent par l’El Kantara le 10 mai 1919, suivi en novembre du Kia Ora. 383 tirailleurs kanak et 193 poilus européens ont achevé leur voyage au champ d’honneur dans la Somme, à Verdun, au Chemin des Dames, à Vesles-et-Caumont et en Orient.

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Combattant d’origine kanak et un des 978 Néo-Calédoniens engagés pendant la Grande Guerre.

D’origine kanake, Saiaeng Wahena est né sur l’île de Lifou en 1887. Il combattit durant la Première Guerre mondiale, au sein du bataillon mixte du Pacifique (BMP). Créé en 1916 et dissous en 1919, ce bataillon d’infanterie rassemble plus d’un millier de tirailleurs originaires de Polynésie française et de Calédonie.

Alors que les indigènes, n’étant pas des citoyens, ne sont pas soumis aux obligations militaires, Saiaeng Wahena, décide de s’engager, comme neuf cent soixante-dix-huit autres kanak et Tahitiens, aux côtés d’un nombre équivalent de Caldoches, insulaires d’origine européenne.

Saiaeng Wahena connaît le froid mordant d’Europe de l’ouest et découvre la guerre des tranchées. Au gré des mois, le BMP évolue en unité strictement combattante.

Il devient un bataillon de marche, à partir d’avril 1917, rattaché à la 72ème division d’infanterie, et participe à d’âpres engagements notamment en Champagne, puis dans l’Aisne, en 1918, en particulier lors de la bataille du Matz (juin) face à la XVIIIème armée allemande dont il faut stopper l’offensive, puis lors de la bataille de la Serre, du 20 au 30 octobre 1918.

C’est lors d’un assaut nocturne, en plein marécage, que Saiaeng Wahena meurt à l’âge de 31 ans, devant le village de Vesles-et-Caumont, au nord-est de Laon, le 26 octobre 1918. Dix Tahitiens et trente-sept Néo-Calédoniens du 1er bataillon du Pacifique perdent aussi la vie dans l’assaut victorieux qui permet de reprendre le village aux Allemands, deux semaines avant l’Armistice du 11 novembre 1918.

Saiaeng Wahena, comme ses camarades, fut d’abord inhumé dans la nécropole nationale de Flavigny-le-Petit, située sur la commune de Guise.

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Mais quatre vingt-huit ans plus tard, le 13 juillet 2006, son corps est rendu à sa famille. Au cours d’une cérémonie officielle, à laquelle assistait plus d’une centaine de personnes de sa tribu, Saiaeng Wahena fut décoré à titre posthume de la Croix de guerre par le ministre délégué aux Anciens Combattants »

Emmanuel Cesteré, Toulousain Coeur Sincère

Compagnon pâtissier resté fidèle au Devoir, sédentaire en Nouvelle-Calédonie

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