La Marseillaise des boulangers, 1886.

Nous avons déjà abordé le problème des ouvriers boulangers et des placeurs. Arnaud, Libourne le Décidé est l’auteur de plusieurs chansons traitant de ce sujet. En voici une écrite vers 1886 par un ouvrier boulanger, Claude La bernardière. Cette chanson intitulée La Marseillaise des boulangers a été publiée dans la Revue biblio iconographique du 19 décembre1896 :

La Marseillaise des boulangers.

Son auteur est M. Claude Labernardière, ouvrier boulanger, poète à ses heures de loisirs, et toujours ennemis juré des bureaux de placement de sa corporation. En 1886, et peut-être encore aujourd’hui, l’amateur lui adressait 55 centimes de timbres-poste, avenue de Clichy, 138, recevait (franco dans les 24 heures) sa Marseillaise et son Traité sur le rendement des farines. Un coup double M. Labernardière laisse le cinquième de son bénéfice à la caisse de secours de sa corporation.

Voici le premier couplet :

 «  A la gloire de la République Francaise ! A bas les placeurs !

Enfants de la boulangerie,

Le jour de vaincre est arrivé

Contre nous, plus de tyrannie !

Le placeur sera supprimé (bis)

La République, notre mère,

Voulant proteger ses enfants,

Interdira les placements

Qui nous plongent dans la misère.

Ensemble, boulangers !

Répétons tous en choeur :

A bas ! A bas ! Tous les placeurs

Vivant de notre sueur !

Je ne puis résister à la tentation de donner le troisième couplet, que la Chambre des députes ferait bien de méditer :

Croyez-vous que ce soit pour rire

Que Naquet nous donne sa voix ?

Et vraiment pourriez-vous me dire

De l’ombre de M. Lockroy ? (bis)

Les députes de la tribune

Tous nous accorderons leurs voix

Le Parlement nous fera droit

Bien avant le douzième lune.

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Note de Picard la Fidélité :

Il existe une version ultérieur avec Compagnons boulangers , remplaçant Ensemble boulangers, et Vivant du travailleur remplaçant Vivant de notre sueur !

Différentes oeuvres de Claude La bernardière :

-Hommage àMadame Grévy : deux amours sublimes ! inspiré par deux anges !, ma mère ! et lapatrie ! / poésie ; 1879.

  • A la gloire des armées française et russe ; impr.de Bertauts (Paris) 1879 ; imp. De J. Allemane ; 1891
  • Lettre à M. Naquet au sujet de l’union des corporations ouvrières, datée du 2 décembre 1881
  • Oeuvres d’un ouvrier boulanger,  reliure inconnue – 1884
  • La Pensée d’un boulanger. Pour les murs du Panthéon. Un hommage à la conscience publique. Sa belle romance; Décembre, 1890.

Laurent Bourcier, Picard la Fidélité, C.P.R.F.A.D.

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