La Compagnie du Kasaï

Jeton Bon Pour Un Pain ; La Compagnie du Kasaï

Belgique 9 Jean-Claude THIERRY – Collection privée. Agrandi 2 fois.

25mm. zinc. uniface. BON POUR / UN PAIN / C.K. La Compagnie du Kasai.

Le Kasaï fut exploré depuis 1884 par l’Allemand Wissmann qui y créa un établissement commercial de vie éphémère. En 1890, Le Marinel crée Lusambo en 1890, mais trois années plus tôt, la Sandford Exploring Expedition avait débuté des opérations commerciales et créé le poste de Luebo avant de fusionner en 1888 avec la SAB.

C’est à cette époque que la Société Hollandaise arriva dans la région et durant six années, celle-ci et la SAB seront seules à commercer dans le bassin du Kasai.

Le bassin du Kasai qui équivaut à 12 fois la superficie de la Belgique est entièrement laissé par l’EIC au commerce des particuliers ; il faut  préciser qu’il est admirablement drainé par de nombreuses rivières navigables et qu’il est le moins éloigné du Stanley Pool.

En 1892 un modus vivendi est établi relatif à la récolte du caoutchouc, stabilisant le régime commercial dans le Haut Congo, ce qui incita de nouvelles compagnies à s’établir dans le bassin du Kasai : en 1894 La société des Produits végétaux du Haut Kasai, en 1897 La Compagnie Anversoise des Plantations de la Lubefu et la Société de la Djuma et La Kasaienne, en 1898 La Loanje, La Société anonyme du Trafic Congolais, en 1899 les Plantations Lacourt et  L’Est du Kwango et en 1900, Les Comptoirs Congolais Velde.

Au début de 1899 paraît un décret imposant la plantation de lianes caoutchoutifères car il semble évident que la cueillette sauvage ne permettra pas de satisfaire les besoins croissants du nouveau marché.

À cette date, 14 compagnies occupant ensemble 176 expatriés dans 41 établissements se font une concurrence effrénée, laquelle a une influence sur les prix d’achat, sur les risques de déficit et en conséquence sur les ressources procurées aux indigènes.

Congo Free State concession companies, Compagnie du Kasai shown in light green

Compagnie du Kasaï en vert clair

Les revues économiques en Belgique critiquent cette situation et plaident pour un rapprochement des différentes compagnies. Un accord intervient entre l’EIC et les 14 compagnies pour créer un nouvel organisme constitué par les différents intéressés.

Ce nouvel organisme aura pour champ d’action le bassin du Kasai, reprendra les installations des 14 compagnies et englobera une partie importante de leurs avoirs sociaux. La nouvelle compagnie sera une Sprl avec un siège social au Congo et un siège administratif en Belgique.

Son objet sera la récolte et le trafic des produits végétaux et de l’ivoire, y compris les opérations d’exploitation, d’exportation et d’importation commerciales, industrielles et agricoles qui en découlent.

Le capital sera d’1.000.000 Fr divisé en actions de 250 Fr et pourra être augmenté jusqu’à concurrence de 2.000.000 Fr par simple décision du Conseil. Ce capital sera souscrit à parts égales par l’EIC et les 14 compagnies. L’EIC souscrit un demi-million de francs en actions (2010 actions) et reçoit 2010 parts bénéficiaires, les 14 compagnies souscrivent ensemble la même somme et reçoivent chacune une part bénéficiaire par action souscrite.

Les apports des compagnies (bâtiments, bateaux, stocks etc.) sont évalués à 15.000.000 Fr. La compagnie du Kasai reprend tout le personnel des sociétés, mais celles-ci peuvent conserver les plantations qu’elles ont créées et en garder la gestion sous certaines conditions.

Un Comité permanent de 4 membres dont 2 désignés par l’EIC et deux repris dans le Conseil d’administration et désignés par l’Assemblée générale, aura délégation de pouvoir. La moitié des administrateurs devront être agréés par l’EIC. L’état aura, en outre 2 délégués avec voix consultative qui assisteront à toutes les séances du Comité et du Conseil.

Les excédents favorables des bilans seront repartis de la manière suivante : 1. 5% à la réserve jusqu’à ce qu’elle atteigne 2.000.000 Fr ; 2. 6% aux actions du capital sur le montant souscrit pour l’excédent ; 3. 0,5 % à chacun des membres du Comité permanent ; 4. 0,125% à chacun des autres administrateurs, des commissaires et des délégués du gouvernement ; 5. 3% à disposition du comité permanent  pour le personnel d’Afrique ; 6. Le surplus aux parts bénéficiaires  déductions faites des sommes prévues éventuellement pour des réserves spéciales. Pour mieux comprendre la répartition, sur 1.000.000 Fr de bénéfices au bilan, la réserve recevra 50.000 Fr, chaque action du capital la somme de 15 Fr, chacun des 4 membres du Comité permanent 5.000 Fr, chacune des 20 personnes reprises au point 4 la somme de 1250 Fr, 30.000 Fr à répartir au mérite entre le personnel (176) soit une moyenne par personne de 170 Fr ; Le reste (815.000 Fr aux 4020 parts bénéficiaires soit 203 Fr par part. Au total, l’EIC recevra donc : 2010 x (203 + 15) = 438.180 Fr et ses représentants directs 12.500 Fr soit environ 45% du bénéfice.

Les statuts de la Compagnie paraissent au Bulletin officiel en 1901 et l’action de celle-ci est prévue pour trente ans. Dima devient le siège social de la compagnie en Afrique J. de Hemptinne, Lacourt, Bergerem, Philippi, A. et Em. Delcommune, Roose, d’Heygere, Van Hulst, A. Sola, Vleminckx, De Bauw, Regimont, de Coppele, Van Maele seront les premiers administrateurs, Van de Velde et de Broqueville seront les commissaires, Baerts, Arnold et Kervyn seront les délégués du gouvernement.

Pour payer les reprises, la compagnie fait un emprunt de 4.500.000 Fr en 9.000 obligations de 500 Fr à 5%. devant être amorti en 1913. Pour le premier exercice (1902) la part bénéficiaire donne un dividende de 250 Fr.

Collection privée. Congo Kasaï vee te tielen Sint Jaak.

Pour l’exercice 1904, le solde créditeur est de 5.334.000 Fr  dû à la fermeté du marché et à l’augmentation des récoltes de caoutchouc et d’ivoire. La récolte du caoutchouc s’est étendue au caoutchouc des herbes  La compagnie plante des Funtumias. La part bénéficiaire rapporte 1.000 Fr.

Pour l’exercice 1905, le solde créditeur est de 7.543.000 Fr et la part bénéficiaire rapporte 1.500 Fr. La production de caoutchouc a été de 1.400 tonnes soit 28´% de la production totale de l’EIC cette année.

Pour l’exercice 1906, le solde créditeur est de 7.632.000 Fr et la part bénéficiaire rapporte 1.750 Fr. La production de caoutchouc a été de 1.500 tonnes soit 35 % de la production totale de l’EIC cette année.

Pour l’exercice 1907, le solde créditeur est de 2.019.000 Fr, le prix de vente du caoutchouc en Europe ayant baissé, en conséquence, la part bénéficiaire ne rapporte que 400 Fr. La production de caoutchouc a été de 1.427  soit 31 % de la production totale de l’EIC pour cette année.

Pour l’exercice 1908, le bénéfice de l’année est de 4.337.000 Fr  mais la part bénéficiaire n’est que de 500 Fr car la somme de 580.000 Fr est versée à un fonds de prévision et 194.500 FR à des amortissements. La production n’a été que de 410 tonnes soit 9% de la production totale de l’EIC pendant cette année. La Compagnie décide de ne pas limiter ses participations au seul EIC et prend des intérêts dans certaines affaires d’Extrême-Orient. À la reprise du Congo par la Belgique, l’inventaire du portefeuille de l’EIC fait état de : – 2010 actions de capital d’une valeur nominale de 250 Fr chacune, entièrement libérées et portées à 295 Fr. Soit au total 592.950 Fr. – 2010 parts bénéficiaires à 17.450 Fr chacune soit au total 35.074.000 Fr.

Pour l’exercice 1909, le solde créditeur est de 5.226.000 Fr et la part bénéficiaire rapporte 1.300 Fr.

Pour l’exercice 1910, le solde créditeur est de 8.934.000 Fr. Un important litige intervient entre l’État belge et la Compagnie, né de l’interprétation différente de la convention de 1901. L’État considère que le droit de récolte accordé à la compagnie du Kasai dans la majeure partie du bassin de Kasai ne constituait pas une concession territoriale telle que celle consentie à l’ABIR. De ce fait, il considère que les privilèges accordés en 1901 sont levés et que le bassin du Kasai est ouvert au commerce libre par le décret du 22/02/1910. La Compagnie soutient que les actes qui l’ont constituée lui donnaient un droit exclusif sur le caoutchouc et autres produits du domaine, que l’état en fut rémunéré par l’attribution de 2010 parts bénéficiaires et que l’état ne peut la priver de ses droits sans compensation. Elle assigne donc la colonie devant le tribunal civil de Bruxelles en paiement de 40.000.000 Fr de dommages et intérêts. Les 14 compagnies qui se sont associées à l’état  pour fonder la Compagnie du Kasai  et qui se sont interdit tout commerce pour celles qui existent encore, demandent pour être reçues parties intervenantes au procès, aux côtés de la Compagnie du Kasai. Une longue procédure intervient entre l’État belge et la compagnie et au cours d’une assemblée générale réunie en octobre 1910, le président fait remarquer que des négociations sont en cours pour régler le litige à l’amiable et qu’il y a lieu de remettre cette assemblée à une date ultérieure. Le rapport présenté à cette occasion précise : – que la compagnie ne s’insurge pas contre la liberté commerciale au Congo ; – que le Conseil ne proteste pas contre le décret du 22 mars 1910 abandonnant le domaine de l’État dans le Kasai à l’exploitation publique ; – que le Conseil réclame uniquement le respect des droits des tiers inscrits dans deux articles de ce décret et que ce décret soit appliqué à la Compagnie comme au premier venu ; – que  le Conseil estime et soutient que, si l’État retire à la Compagnie ses apports, il n’est pas admissible qu’en raison des titres qu’il a obtenus, il continue à percevoir la moitié des bénéfices et conserve le droit de se substituer à elle dans tous ses droits sur ses factoreries, ses installations etc. ; que la compagnie demande que le gouvernement l’indemnise équitablement ou renonce aux avantages qui lui ont été  accordés en échange du droit de récolte qu’il accorde aujourd’hui à tout le monde sans rien exiger en retour.

Pour l’exercice 1911, le solde créditeur est de 3.446.000 Fr et la part bénéficiaire rapporte 1.000 Fr Pour mettre fin aux négociations entreprises avec l’État, la Compagnie propose de racheter les parts bénéficiaires et les actions de celui-ci. Une convention est signée et le rachat de l’intérêt de l’État dans les affaires de la compagnie est fixé à 11.180.303 Fr. Une Assemblée générale approuve cette convention et l’État n’a plus à intervenir dans l’administration de la société dont le capital est toujours constitué par 8.000 actions de 250 Fr mais il n’y a plus que 2010 parts bénéficiaires. Cette convention arrête les procès engagés et la Compagnie du Kasai est exemptée de l’obligation de se munir d’un permis de récolte pour se livrer à la récolte des produits sur les terres domaniales.

Timbre du Congo Belge oblitéré en 1911.

Pour l’exercice 1912. Perte pour l’exercice de 145.937 Fr mais solde créditeur par report de 271.938 Fr de l’exercice précédent. Cette perte est due à l’effondrement des marchés du copal et du caoutchouc. La compagnie cherche des activités complémentaires dans l’agriculture et le commerce des produits « pauvres ».

Pour l’exercice 1913. La perte est de 1.172.000 Fr y compris un report créditeur de 1912 égal à 125.351 Fr. L’emprunt de 4.500.000 Fr contracté en 1902 est entièrement amorti. Suite à la baisse continue du caoutchouc, la compagnie se propose de faire des recherches minières et le gouvernement lui accorde le droit de prospecter au Sud du 5e parallèle et dans la partie du bassin de l’Aruwimi voisine de Kilo-Moto

Pour l’exercice 1914. La perte est de 1.434.000 Fr. La réserve est égale au capital (2.000.000 Fr) et le Fonds de prévision se monte encore à 1.001.000 Fr après avoir couvert la perte de l’exercice. En ce qui regarde les recherches minières, le gouvernement de la colonie, et à son défaut le gouvernement belge auront, à prix égal, la droit d’acquérir par préférence tout ou partie de l’or provenant de la convention signée pour les recherches minières. (Il faut remarquer que les terrains concédés pour des recherches minières avaient déjà été prospectés par l’´État auparavant).

Pour l’exercice 1915. La perte est de 387.000 Fr. Elle est reprise au Fonds de prévision. La compagnie commence à acheter des noix palmistes et en exporte 385 tonnes.

Pour l’exercice 1916. Le solde est créditeur de 48.700 Fr  qui partent en prévision pour moins-value de marchandises. 990 tonnes de noix palmistes ont été exportées.

Pour l’exercice 1917. Le solde est créditeur de 74.600 Fr qui passent en prévision de moins-value de marchandises. La compagnie a pu exporter 2891 tonnes de caoutchouc, 2445 tonnes de noix palmistes, 13 tonnes d’huile de palme pour la première fois, 13 tonnes d’ivoire et 775 kilos de cire d’abeille. Suite aux résultats obtenus par les HCB, les produits du palmier à huile vont devenir importants dans les exportations de la compagnie.

Pour l’exercice 1918. Le report est nul et l’exercice se termine sans perte ni profit. La Compagnie a exporté 593 tonnes de caoutchouc, 3536 tonnes de noix palmistes, 90 tonnes d’huile de palme, 5 tonnes d’ivoire et 7 tonnes de cire d’abeille.

Collection privée. Marché au Kasaï.

Pour l’exercice 1919.  Le solde est créditeur de 2.367.000 Fr. L’administrateur délégué A. Delcommune constate que les ressources de la compagnie sont insuffisantes (arrêt des intérêts aux actionnaires depuis 1911 et remboursement de 2.000.000 Fr), que celle-ci peut être acculée à la liquidation mais que les perspectives d’avenir sont encourageantes.  On décide de repasser à 4.020 parts bénéficiaires, les 2.010 nouvelles étant écoulées contre espèces. Celles-ci sont divisées par centièmes  au coût de 62.5 Fr. Le capital est de nouveau représenté par 8.000 actions de 250 Fr et par 4020  parts bénéficiaires sans valeur. L’objet social est élargi aux recherches et entreprises minières. La rémunération prévue pour les membres du Conseil est reportée sur les Président, Vice-Président, administrateurs-délégués et administrateurs directeurs. La société  La société est prorogée pour un terme de 30 ans. Du million d’hectares où la société à l’exclusivité des recherches minières, la moitié sont apportés à la société minière du Kasai et l’autre moitié au Syndicat général de recherches minières du Kasai. Les exploitations éventuelles sont confiées à la Forminière. Au cours de cet exercice, les exportations ont consisté en : caoutchouc 577 tonnes, noix palmiste 3.604 tonnes, huile de palme 207 tonnes, ivoire 4,6 tonnes, cire d’abeille 13.107 kilos et coton 1.054 kilos.  C’est en 1919 que A. Delcommune fait paraître un livre intitulé « L’Avenir du Congo belge menacé » dans lequel il signale que des petits commerçants sans grands frais généraux et des mercantis qui n’en ont pas font une vive concurrence aux grandes compagnies sans rien laisser derrière eux , alors que les grandes sociétés exercent, dans les régions où elles sont établies, une action économique stable  et des activités sociales évidentes (dispensaires, écoles, etc.) Cette remarque a soulevé de vives polémiques jusqu’en 1922  époque à laquelle furent prises des mesures législatives nouvelles pour écarter les immigrants indésirables.

Collection privée. Poste de transit sur le Kasai.

Pour l’exercice 1920. Le solde est créditeur de 724.900 Fr consacrés à des amortissements et à un report. Les exportations durant cet exercice furent : 585 tonnes de caoutchouc, 3.760 tonnes de noix palmistes, 360 tonnes d’huile de palme, 6,7 tonnes d’ivoire, 15.2 tonnes de cire d’abeille, 31 tonnes de coton et 700 kilos de copal.

Pour cette première période, des résumés de rapports annuels ont été présentés car il n’est pas facile de les retracer dans la littérature. Pour la période suivante, jusqu’à la seconde guerre mondiale, où la documentation est plus aisée, on se contentera d’exposer les grandes lignes du développement de la Compagnie du Kasai.

En juillet 1920, la compagnie du Kasai crée sa première filiale minière  la « Société minière du Kasai »  et souscrit 80 % du capital de 5.000.000 Fr. La Forminière a commencé les travaux dans la concession en continuant l’exploitation de diamants commencée par la Compagnie du Kasai. Continuant son évolution en s’inspirant des résultats obtenus par les HCB dans les régions voisines, la compagnie demande des concessions de palmeraies, qui lui sont accordées dans une convention de 1922 : elle peut choisir 75.000 hectares dans 5 cercles de 20 Km de rayon. L’exploitation des fruits d’Elaeis et celle des Hévéas constituent dès lors les activités essentielles de la Compagnie.

CPA – Collection privée. Mines de diamant au Kasai.

Trois des cercles ont été retenus et mis en valeur en y aménageant les palmeraies subspontanées, en y créant des plantations de palmiers sélectionnés et des cultures vivrières, en construisant un réseau routier et en ’organisant des moyens de transport par routes et par eaux. Le commerce du caoutchouc sylvestre cessa pratiquement en 1929 et en 1930, tous les comptoirs de vente travaillant à perte furent fermés. Comme la plupart des entreprises congolaises, la Compagnie du Kasai, subira la crise économique en comprimant les frais généraux autant que possible.

En 1921 elle avait pris en location les plantations de la firme « Plantations Lacourt » situées à Kondue au Sankuru.

En 1926, pour faciliter l’exploitation de ces plantations, elle avait créé une filiale agricole nommée «  Auxiliaire des plantations Lacourt ».

En 1925, elle avait créé une autre filiale « Compagnie auxiliaire congolaise » chargée des opérations de manutention, de transport, d’entreposage et de commerce intérieur.

En 1934 elle absorbe ces deux filiales de manière à réduire ses frais généraux et à la fin de l’exercice de cette année, elle présente un bilan en bénéfice net de 53.450 Fr contre une perte de 3.128.000 Fr l’année précédente.

 

En 1935, dans les 3 cercle s précités, la compagnie du Kasai exploite les palmeraies subsponténées aménagées, ainsi que des plantations de palmiers sélectionnés, de caféiers, de cacaoyers créées dans la région de Manghay sur un terrain de 3.000 hectares apporté par la SAB contre 100 actions de capital de la Compagnie du Kasai. Pour ces plantations, la compagnie a installé 7 huileries à vapeur et 10 huileries manuelles, une usine à café (méthode humide) et une usine pour le traitement du cacao. Elle y possède aussi une usine pour la préparation du caoutchouc et une autre pour le traitement du riz récolté par les indigènes.

Collection privée. Secrétariat Province Congo – Kasai.

Par une convention conclue en 1926 et se terminant en 1938, passée avec les HCB, ces dernières se sont engagées à traiter les fruits d’Elaeis  de la compagnie du Kasai au mieux des intérêts de celle-ci. Après la crise, en 1934, la compagnie du Kasai exploite :

– 417 hectares de palmiers sélectionnés ;

– 122 hectares de caféiers ;

– 225 hectares de palmiers avec caféiers en intercalaires ;

– 3 hectares de cacaoyers Les plantations en rapport ont produit 42 tonnes de café marchand et 7 tonnes de cacao.  627 tonnes de fruits d’Elaeis ont été traitées dans les huileries.

Collection privée. Plantation de caféiers à Bombaie (Kasai)

À cette date, la compagnie du Kasai occupe le second rang derrière les HCB  comme producteur d’huile de palme du Congo.

La compagnie a décidé de fournir des plants de palmiers sélectionnés aux autochtones et dans ce but elle a installé des pépinières au Bas-Kwilu et à Busu-Melo dans le district des Bangalas au sud du Fleuve.

Le réseau routier créé à l’époque compte plus de 500 Km sur lequel circule un important transport automobile. Elle possède une flottille de 2.260 tonnes et effectue elle-même les transports fluviaux  parfois même pour le compte de tiers.

À Léopoldville et à Matadi elle possède des installations de chargement et de déchargement. Elle exploite également toute une série de comptoirs commerciaux (ivoire, palmistes, huile de palme, arachide, copal, fibres textiles) et de magasins pour la vente de produits importés aux expatriés comme aux autochtones.

Collection privée. Missions de Scheut – kasai. Cathédrale de Luluabourg – Saint Joseph.

Ceux-ci sont situés à Kisantu, Léopoldville et N’Dolo (Bas Congo), à Lisala et Busu-Kwanga (en Ubangi), à Banningville, Bagala et Kikwit (au Kwilu-Kwango) et à Dima, Lubue, Manghaye, Lusambo, Kondue, Batempas, Domba, Dombaye, Port-Franqui, Domiongo, Luluagare, Luebo, Charlesville et Luputa (au Kasai-Sankuru). Au siège central de Dima  elle possède des installations complètes pour faire face à toutes ses activités, on y trouve : Une scierie à vapeur ;

une centrale électrique ; une installation frigorifique ; tous les ateliers mécaniques nécessaires ; un hôpital moderne et dans ses diverses stations des formations sanitaires bien outillées avec un personnel spécialisé.

Source : http://abergo1.e-monsite.com/medias/files/cie-kasai.pdf

Carte commerciale 1928. Compagnie du Kasai.

Afrique – Congo belge –  Action de capital – Compagnie du Kasai – Dima Banningville

Collection privée.

Brochure Compagnie du kasai, au Congo Belge.  Format 22 x 14cm. 44 pages avec photos en Noir-Blanc.

Par jean-Claude THIERRY

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