Jetons de Pain Compagnie des Houillères d’Ahun

Jetons de Pain Compagnie Anonyme des Houillères d’Ahun (Creuse-23)

18 – Collection Jean-Claude THIERRY.

27mm. Laiton. Rond et percé. Avers : COMPAGNIE ANONYME DES HOUILLIERES D’AHUN (CREUSE) Revers : UN FRANC PAYABLE EN PAIN. Graveur : HADIN à Paris. R. Elie ne présente que le modèle rond sous référence de 10.1 à 10.4, pour les ; Un Francs, Deux Francs, Cinq Francs et Dix Francs.

18 a – Collection Jean-Claude THIERRY.

25,4 x 25,5 mm. Octogonal et percé. Avers : COMPAGNIE ANONYME DES HOUILLIERES D’AHUN (CREUSE) Revers : DEUX FRANCS PAYABLES EN PAIN. Graveur : HADIN à Paris

Ce dossier est très illustré, vous trouverez en annexe, de nombreuses CPA (Cartes postales anciennes) et documents historiques vous permettant de plonger dans l’histoire des Houillères d’Ahun-Lavaveix.

Les Houillères d’Ahun. Deux Siècles d’Histoire (wiki)

Les houillères du bassin d’Ahun-Lavaveix sont des mines de charbon situées dans un petit bassin minier localisé au centre du département français de la Creuse, principalement sur les communes de Lavaveix-les-Mines et Saint-Médard-la-Rochette, près de la commune d’Ahun.

L’exploitation du bassin s’est effectuée en deux temps : dans un premier temps à partir du XVIIe siècle jusqu’en 1928, puis de façon plus industrielle de 1945 à 1969. Sur l’ensemble de sa période d’activité, le bassin a compté 210 ouvrages miniers différents.

L’appellation de houillères d’Ahun correspond à la dénomination de la société privée qui a exploité les différents puits de mine du bassin d’Ahun-Lavaveix de 1863 à 1969. Contrairement à la majeure partie des bassins houillers français, le bassin d’Ahun n’a jamais été nationalisé.

Le bassin d’Ahun-Lavaveix est l’un des deux bassins houillers de la Creuse, avec celui de Bosmoreau, situé à environ 25 km à l’ouest.

CPA – Collection privée – Lavaveix-les-Mines (Creuse) – La Coopérative Ouvrière

Intérieur des Mines – Rouleur conduisant son convoi.

CPA – Lavaveix les Mines – Vue des ateliers de réparations – Un coin de la Forge

CPA – Lavaveix les Mines – Vue des ateliers de réparations

Lavaveix les-Mines – Vue d’un atelier du triage du Charbon, les modistes

Lavaveix les-Mines – Puits d’épuisements

Lavaveix les-Mines – Intérieur des mines, le Déjeuner des Mineurs

Situation – Le bassin minier d’Ahun-Lavaveix s’étend sur 14 kilomètres de long et en moyenne 1,5 kilomètre de large. Il constitue un bassin d’effondrement post-hercynien, d’âge stéphanien, bordé par le massif granitique de Guéret et entaillé par le passage de la rivière Creuse, qui le traverse du sud-est ou nord-ouest. Selon la classification proposée par la DREAL et l’Université de Limoges, le territoire s’inscrit dans l’unité paysagère des collines d’Aubusson-Bellegarde, marquée par un modelé alternativement vallonné et tabulaire, semi-bocager, piémont incliné du plateau de Millevaches situé au sud4.

Le bassin minier s’étend en partie sur sept communes : Ahun, Lavaveix-les-Mines, Moutier-d’Ahun, Saint-Médard-la-Rochette, Issoudun-Létrieix, Saint-Pardoux-les-Cards et Saint-Martial-le-Mont , pour une superficie approximative de 25 km2.

Géologie – Les terrains carbonifères se localisent dans une série géologique constituée de grès, de schistes et de couches charbonneuses, dont l’épaisseur maximale atteint 350 mètres et où se superposent dix-huit couches de charbon dont 3 ont un « caractère économique » d’une puissance de 0,5 à 6 mètres d’épaisseur1. Certaines couches affleurent à l’est du bassin.

Découverte des débuts d’exploitation – De premiers sondages permettent d’estimer les débuts d’une exploitation artisanale des gisements de charbon dès le XIIIe siècle, mais les traces écrites les plus anciennes de cette activité ne datent que du XVIIe siècle. Ces premiers textes évoquent déjà une exploitation en deux lieux : au nord, près du lieu-dit de La Vaveix, et au sud, dans le secteur de Courbarioux-Fourneaux. La réglementation royale de l’extraction de houille, introduite en 1774, est déclinée localement en actes qui autorisent certains propriétaires à exploiter le minerai. En 1779, Coursaget et Barret le Jeune se voient concédés l’exploitation au nord du périmètre, tandis que celle du sud est attribuée en 1786. Les titres expirent respectivement en 1794 et 1801, et s’ensuit une exploitation plus anarchique, qui est le fait de riverains et propriétaires aisés. En 1807, deux nouvelles sociétés (Société des Quatre et Société des Vingt-et-un), entreprennent d’exploiter le charbon ; leur périmètre d’intervention est modifié en 1808 et elles deviennent Société du Nord et Société du Sud.

La loi du 21 avril 1810 relative aux mines, aux minières et aux carrières reconnaît implicitement les deux sociétés d’exploitation du bassin d’Ahun jusqu’en 1817, quand une ordonnance royale partage à nouveau les deux concessions en deux nouvelles sociétés, l’une au nord et l’autre au sud, dont l’activité demeure faible.

Les houillères en activité

Le Puits Sainte-Barbe.

Intérieur des Mines – Pompe électrique, Puits Saint Marcellin

Essor – En 1856, l’entrée de capitaux parisiens et le rachat des deux sociétés signifient un regain d’activité pour le site. D’importants investissements sont consentis, notamment l’élargissement des anciens puits, la construction de nouveaux puits et d’ateliers. En 1863, les deux concessions sont réunies en une seule Société anonyme des Houillères d’Ahun, validant un décret impérial pris en ce sens le 8 janvier 1862. Les statuts de la nouvelle société sont acceptés le 9 mai 1863. Les travaux d’agrandissement des installations minières se multiplient dès lors. L’activité profite aussi du développement des infrastructures ferroviaires, avec la mise en service de la ligne entre Saint-Sulpice-Laurière et Busseau-d’Ahun le 21 novembre 1864, prolongée vers Montluçon et vers Fourneaux – première section de la ligne vers Ussel – dès l’ouverture du viaduc de Busseau. La ligne est prolongée vers Aubusson en 1871, gagne Felletin en 1882 et enfin Ussel en 1905. Le développement du chemin de fer facilite aussi l’installation de nouvelles industries à proximité (verreries, fours à chaux, briqueterie).

Pour accompagner le succès de l’activité et l’explosion démographique qui en découle, le bourg de Lavaveix est érigé en commune indépendante en 1868. Le territoire comprend des portions des communes de Saint-Pardoux-les-Cards et Saint-Martial-le-Mont. La nouvelle commune accueille de nombreux services, dont un commissariat de police qui est installé en 1876. Cette année marque d’ailleurs le record de population pour Lavaveix, avec 4 108 habitants. La société des Houillères s’implique dans cet aménagement, contribuant à financer la construction de l’église et de l’école communale.

Vers 1870-1872, les houillères d’Ahun exploitent 60 fours à coke. L’année 1874 est celle du record d’extraction, avec 354 000 tonnes.

Le photographe creusois Alphonse de Nussac signe au tournant du siècle de nombreux clichés de cette activité.

Anciens ateliers de la mine

Anciens ateliers de la mine

Le bureau de la mine

Le déclin et la fermeture des mines

La productivité des houillères d’Ahun, prometteuse, déçoit finalement, et décline dès la fin des années 1870, alors que dans le même temps les grands bassins houillers français connaissent leur essor. Initialement créée pour une durée de cinquante ans, la société se mue en 1899 en une Compagnie anonyme, susceptible d’émettre des obligations à long terme, mais la production continue de baisser. Décidées par le patronat, les baisses de salaire et l’augmentation du temps de travail consécutif à ce marasme stimulent d’importants mouvements de grève en 1877, 1914 ou en 1927-1928, parfois violemment réprimés. En 1928, la concession Nord est fermée, et les puits abandonnés sont rapidement inondés.

La compagnie essaie de diversifier ses activités en commercialisant des briquettes schisto-calcaires et en reprenant provisoirement la gestion de concessions en Haute-Loire et dans le Puy-de-Dôme, mais ces gisements cessent d’être exploités dès la fin de la Seconde Guerre mondiale8. Le charbon d’Ahun est alors principalement vendu à la Compagnie ferroviaire du Paris-Orléans. Décidée en conseil d’administration de la compagnie en 1904, la mise en eau du barrage poids de Chantegrêle en 1906, qui doit permettre l’alimentation électrique des mines, ne suffit pas à enrayer le déclin du bassin, bien qu’elle contribue à l’électrification des campagnes creusoises.

La Reconstruction dope à nouveau la production, mais la faiblesse des gisements creusois ne permet pas au bassin d’Ahun-Lavaveix d’entrer dans le programme des nationalisations minières décidées en 194615. En 1945, le Gouvernement provisoire autorise la location de la concession Nord, abandonnée depuis 1928, à une société à responsabilité limitée, la Société de recherche et d’exploitation des mines d’Ahun-Nord, et l’amodiation est renouvelée ensuite tous les trois ans.

Sans subventions publiques, avec un écoulement annuel de 10 000 à 15 000 tonnes, le site de Lavaveix est cependant voué à la disparition. La dernière descente dans les puits de la concession Sud intervient le 31 mars 1961. Au Nord, les nouvelles techniques d’exploitation permettent de relancer et maintenir l’activité plusieurs années encore ; après une première suspension entre août et décembre 1968, la mine ferme définitivement le 28 février 1969. Les derniers mineurs sont en partie réemployés dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Valorisation patrimoniale et économique

Une partie des bâtiments des anciennes mines a été inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 13 juillet 2006. Jehanne Lazaj estime que cette inscription, qui s’est faite dans l’urgence en raison de la liquidation de la Société des houillères et de la dégradation rapide des vestiges, pose de nombreuses questions en termes de gestion de l’urbanisme, sans résolution immédiate.

Soutenue par différents partenaires institutionnels locaux, nationaux et européens, et s’inscrivant dans un programme d’aménagement global du bourg, la commune de Lavaveix a mis en place un parcours d’interprétation sur son territoire, permettant de découvrir le patrimoine minier légué par l’exploitation des houillères. La valorisation de ce patrimoine industriel suscite néanmoins des réflexions importantes.

Une partie des anciens ateliers de la mine a été réhabilitée, avec un soutien de la Fondation du patrimoine, et accueille des activités économiques (entreprises engagées dans le développement durable), intégrant en 2017 la dimension cotravail et rejoignant la liste des tiers-lieux de la région Nouvelle-Aquitaine.

Cité minière Saint-Jacques

Annexe : Histoire locale par ses Cartes postales anciennes et documents historiques – Archives privées

Briquettes « Compagnie des HOUILLERES D’AHUN Creuse 23 » en 1880

Lavaveix-les-Mines – Livret Fédération des Travailleurs du Sous-Sol avec Carte Confédérale

Intérieur des Mines – la montée des Ouvriers

Lavaveix-les-Mines – Intérieur des Mines – Mineurs à l’abatage du charbon

Folklore Creuse groupe de Lavaveix

Par Jean-Claude THIERRY

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