Jeton de la Boulangerie Coopérative de Viviez

Jeton de la Boulangerie Coopérative de Viviez Aveyron (12)

16 – Collection Jean-Claude THIERRY. Taille réelle.

27 mm. Laiton, rond lobé. Avers : BOULANGERIE COOPERATIVE * VIVIEZ * plein champ ; 4 Kos. Revers : 1931 – 528. / Variante ; 1931 – 474. Le numéro sous la date est lié au sociétaire. R. Elie 10.4 p 486.

21mm. Laiton, rond lobé. En 1Kilo. Référence 10.3. (Collections privées)

Variante octogonale en zinc en 25.5 mm BOULANGERIE COOPERATIVE / VIVIEZ /149 pour le 2 kg (10.1) et 4 kg (10.2) en 29 mm, du même sociétaire. (Collections privées)

Viviez est une commune française située dans le département de l’Aveyron, en région Occitanie. Dans cette commune, on parle communément de Viviez-Bourg (où se trouvent notamment la Mairie, la Gare, l’Eglise et le Château) et de Viviez-Pont, qui jouxte la commune voisine de Decazeville en direction de Rodez.

J’ai contacté la Mairie de Viviez qui m’a dirigé vers Monsieur BRAS ayant rédigé avec 3 autres amis le livre « Balade au cœur de la cité du Zinc ». Monsieur BRAS âgé de 84 ans, m’a précisé par téléphone qu’il connaissait bien ce jeton avec le numéro du sociétaire « sous la date », l’ayant lui-même utilisé dans son enfance, et que la Boulangerie coopérative avait été créée par la Société Vieille Montagne.

Merci à Monsieur BRAS pour son témoignage et à la Secrétaire de Mairie Sandrine HATTOUM, que je remercie de m’avoir transmis copie de la page 35 du livre nous précisant ce texte en italique ci-après et les 2 photos :

 

Balade au cœur de la cité du Zinc : La Coopérative du Pain

« Mise en service vers 1908, elle était située à l’entrée de l’usine et permettait d’acheter du pain à un prix inférieur à celui des boulangers de la commune. Le pain était payé en jetons de laiton, achetés sur place et retenus sur le bulletin de salaire.

Certains se souviennent encore du commis Friscot (François Ruiz), qui avec un chariot en bois transportait quotidiennement des chargements de pain depuis la boulangerie centre jusqu’au dépôt de Viviez-Bourg. Quelques rugbymen des années 1960 se souviennent aussi des petits pains garnis de saucisse qui leur étaient distribués avant les déplacements. On ne parlait pourtant pas encore des « hots dogs ». La coopérative à été liquidée en 1968. La porte du four à pain a récemment été récupérée et mise en valeur au moulin du Barry-Haut »(*annexe).

Devant l’Hôtel des Célibataires, à gauche, la Coopérative du pain. (Photo du livre)

Intérieur de la boulangerie coopérative – Le four à pain. (Photo du livre)

Les cartes postales anciennes, de collections privées :

Viviez – Les Usines et la Maison des Célibataires, la Boulangerie coopérative est à gauche

Viviez – Maison des Célibataires

VIVIEZ –  l’histoire d’un village devenu cité industrielle (source Bassin communauté de communes)

Au milieu de XIXème siècle. Ernest Granier crée à Viviez à proximité de la voie ferré construite quelques années auparavant une usine à zinc qui utilise le charbon de Decazeville pour « réduire » le minerai de zinc extrait dans la région et dans le Gard. Cette usine est rachetée en 1871 par la société Vieille Montagne grâce à laquelle la vocation industrielle de Viviez à connu un essor remarquable. Viviez est passé en effet de 604 habitants en 1871 à 3614 en 1932. VIEILLE MONTAGNE à modelé VIVIEZ, notamment son habitat.

A la même époque, plusieurs entreprises utilisaient l’argile de la région pour fabriquer tuiles et briques. Les Tuileries Martin devenues plus tard Tuileries Bories avaient atteint sur le site de Viviez une dimension industrielle.

Tout un environnement artisanal et commercial vivait autour de ces industries. Atteinte indirectement par la crise charbonnière, puis celle de la Métallurgie, la commune de Viviez fut directement touchée en 1971 par l’arrêt des Tuileries Bories puis par la chute des activités de Vieille Montagne, en particulier, l’arrêt de la fabrication du zinc fin 1987.

Viviez est une commune française située dans le département de l’Aveyron, en région Occitanie. Dans cette commune, on parle communément de Viviez-Bourg (où se trouvent notamment la mairie, la gare, l’église et le château) et de Viviez-Pont, qui jouxte la commune voisine de Decazeville en direction de Rodez.

En 1871, s’implante la Société des Mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne, l’industriel belge qui reprend la fonderie de zinc à Viviez, commune de l’Aveyron, dans le secteur minier de Decazeville, le laminoir et la zinguerie à Penchot. Les deux sites constituent l’un des plus importants établissements industriels de la région. Les deux cent cinquante emplois du début, en 1855, grimpent à neuf cents en 1903 et deux mille en 1917.

Viviez est la première usine à s’équiper d’une électrolyse de zinc, en 1922. En 1970, le laminoir de Penchot est arrêté et l’actuel de Viviez mis en service.

LA VIEILLE MONTAGNE A SON DIRECTEUR GENERAL SAINT PAUL de SINCAY 1837 – 1887

Médailles de collections privées

Le Comité d’Etablissement (texte de Monsieur BRAS dans son livre) 

Si la médaille du travail n’est pas à proprement parler une œuvre sociale, puisque c’est un dispositif crée par l’Etat en 1886, Vieille-Montagne l’a agrémentée, dès l’origine, par une prime aux récipiendaires et un repas…

Société des mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne (source officielle)

La Société des mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne est une entreprise d’origine liégeoise productrice de zinc fondée en 1837 et dont le siège d’exploitation était à Angleur. Elle a pour origine un procédé inventé par Jean-Jacques Dony au début du XIXe siècle. Le nom provient de Vieille-Montagne (en allemand Altenberg), un lieu-dit sur la commune de La Calamine, où elle exploitait une riche mine de carbonate de zinc. La société fait actuellement partie du groupe Umicore.

Blason utilisé jusqu’en 1972.

Historique :

Sous le régime français, le 24 mars 1806, un décret impérial concède la mine de Moresnet au chimiste liégeois, Jean-Jacques Dony pour 50 ans, avec obligation de prouver qu’il est capable de produire du zinc à l’état métallique. Il ouvre une usine dans le faubourg Saint-Léonard à Liège le 20 juillet 1809 et fait la démonstration de son procédé devant le Préfet du département de l’Ourthe le 1er octobre 1809. Celui-ci ne peut que constater l’authenticité du procédé et un brevet de 15 ans lui est accordé par décret impérial, le 19 janvier 1810. Dony est donc parvenu à produire un métal malléable, résistant à la corrosion, facilement laminable et d’un prix modique.

En 1811, à titre promotionnel, il couvre l’église Saint-Barthélemy d’une toiture en zinc, une première pour la Belgique. Il ne lui trouve hélas pas de débouchés et connaît des ennuis financiers. En 1813, il s’associe avec plusieurs personnes dont Francois-Dominique Mosselman à qui, complètement ruiné, il abandonnera l’entreprise en 1818.

À la suite des défaites de Napoléon, l’Europe est redécoupée lors du Congrès de Vienne en 1814-1815. Les négociateurs ne parvenant pas à se mettre d’accord sur le sort du riche gisement de zinc, un minuscule territoire indépendant est créé : le Moresnet neutre. Et François-Dominique Mosselman, négociant bruxellois à l’époque du Royaume uni des Pays-Bas, qui vivait à Paris connaît quelques difficultés pour jouir de son bien, convoité par les Prussiens. Les choses ne s’éclairciront pour lui qu’à l’indépendance de la Belgique en 1830.

En 1835, Alfred Mosselman fait l’acquisition, à Angleur, le long de l’Ourthe, d’un terrain pour y construire une usine à zinc, des bureaux et une maison.

En 1837, avec ses enfants et la Banque de Belgique, il crée la société anonyme : Société des Mines et Fonderies de zinc de la Vieille Montagne. Trois sites de production sont actifs : Moresnet, Saint-Léonard et Angleur. Le zinc est laminé à Tilff, facilement accessible via le canal de l’Ourthe et à Bray, en France. La production s’élève à 1 833 tonnes. Vieille Montagne est le seul producteur de zinc du pays.

En 1846, Louis-Alexandre Saint-Paul de Sinçay prend la direction des opérations en Belgique et entreprend une politique de croissance. De 5 941 tonnes en 1845, la production atteint 18 000 tonnes en 1855.

En 1846, V-M s’associe à la Houillère Valentin et Cocq réunis, alors en difficulté, et installe une fonderie de zinc à Hollogne-aux-Pierres.

En 1872, Valentin-Cocq (et l’annexe Colliados) fournissent la totalité du blanc de zinc Vieille-Montagne.

En 1912, avec une production de 40 000 tonnes, c’est l’usine à zinc la plus importante du monde. Le site ne sera définitivement abandonné qu’en 1982.

La concurrence, aussi, s’installe. À Corphalie, la Nouvelle-Montagne à Engis et Prayon, la Grande-Montagne à Flône mais aussi à Ampsin/Antheit (de Laminne). Dès 1852, la Grande-Montagne de Flône rejoint la Vieille-Montagne.

En 1857, commence l’exploitation d’une riche mine (polymétallique) de blende en Suède, à Åmmeberg (Zinkgruvan (en)). V-M construisit une ligne de chemin de fer de 11 kilomètres pour transporter le minerai jusqu’au port de Åmmeberg et en fit une des mines souterraines les plus vastes d’Europe. Vieille-Montagne l’exploita jusqu’en 1995, date à laquelle elle fut vendue à un groupe minier australien. Depuis 2004, elle est exploitée par Lundin Mining Corporation et on ne prévoit pas son épuisement avant 2020.

On découvre des gisements dans le bassin méditerranéen. Devant la crainte de voir le centre de gravité de l’industrie du zinc se déplacer vers le sud, Vieille-Montagne acquiert, en 1871, l’usine de Viviez, dans l’Aveyron.

Celle-ci jouera un rôle important lors de la première Guerre mondiale pour l’approvisionnement en zinc de haute qualité, nécessaire au laiton entrant dans la fabrication des munitions ainsi que dans la production d’acides sulfurique et nitrique pour la production d’explosifs.

En 1922, Viviez sera la première usine de zinc électrolytique sur le continent. Vieille-Montagne a construit le barrage de Thuriès sur le Viaur pour en assurer l’alimentation en électricité.

L’usine de Balen / Wezel est créée le long du canal de Campine en 1889 pour traiter les minerais sulfurés (blende) en provenance de Åmmeberg et prend rapidemenent une grande importance. Elle produit également d’autres métaux qui sont associés au zinc comme le plomb, l’argent. Les deux secteurs sont liés car on trouve beaucoup de plomb dans les mines et les minerais de zinc.

D’autres groupes belges s’inspirent du succès de l’usine en coentreprise entre Metallgesellschaft et Degussa à Hoboken, implantée en 1887 près d’Anvers, qui est devenue leader du plomb en Europe. Cette usine est passée de 32000 tonnes par an de production en 1994 à 400000 tonnes en 1902, et elle suscite des convoitises. Beaucoup de grands groupes belges spécialistes du zinc investissent alors dans des opérations permettant d’utiliser les résidus de ce métal pour en obtenir du plomb. Parmi les groupes belges spécialistes du zinc qui investissent dans le plomb, on compte aussi la Société Austro Belge, premier producteur de zinc du pays.

En 1911, la Belgique est capable d’exporter 48000 tonnes de plomb par an alors qu’elle n’en produisait que 17000 tonnes, presque trois fois moins, en 1902.

En Sardaigne, Vieille-Montagne exploite des mines dans la région d’Iglesias et utilise un système ingénieux pour charger le minerai à bord de bateaux : Porto-Flavia (du nom de la fille aînée du directeur technique, Cesare Vecelli). De grands silos furent taillés dans la roche. Approvisionné par une galerie supérieure, le bas des trémies donnait sur une bande transporteuse dont l’extrémité, articulée, menait le minerai dans les navires au pied de la falaise. Construit en 1924, ce site est exploité aujourd’hui touristiquement. Ce gîte de calamine avait été étudié pour Vieille-Montagne par Edmond Fuchs en 1869.

Rôle social

La société de la Vieille-Montagne a créé diverses institutions en faveur de ses ouvriers, leur permettant ainsi d’améliorer leur position sociale et de devenir parfois propriétaires : caisse des ouvriers (caisse de secours (1847) et caisse de prévoyance), caisse d’épargne, dons de la société, vente d’habitation à prix coûtant (1860), fourniture d’aliments à prix réduit, création d’une école gratuite et obligatoire pour les enfants d’ouvriers, création de sociétés d’harmonie et de chant, d’archers et de carabiniers, organisation de fêtes spéciales aux jours de kermesse, une maison de retraite pour les pensionnés et les orphelines à Cointe en 1892.

1871 Rachat de l’Usine de Viviez par Vieille Montagne

1897 Maurice, ingénieur, à Viviez (Aveyron) (L’indépendance luxembourgeoise – 30.3.1897)

1922 Première usine de zinc électrolytique sur le continent

Évolution du nom de la société

1837, Société des Mines et Fonderies de Zinc de la Vieille-Montagne

28 décembre 1989, ACEC-Union Minière (après absorption-fusion avec Métallurgie Hoboken-Overpelt (MHO), Vieille-Montagne (VM) et Mechim par ACEC-Union Minière (Annexe Moniteur 27 janvier 1990.

13 mai 1992, Union Minière (changement de dénomination; Annexe Moniteur 16 juin 1992.

3 septembre 2001, Umicore (changement de dénomination; Annexe Moniteur 27 septembre 2001.

Comment concevoir qu’une collectivité riche de son passé industriel mais aussi de son présent n’ait aucune trace écrite de cette vie ? Quatre mousquetaires de Viviez, ancienne cité minière, partis à la rencontre des habitants ont entrepris de relater l’histoire de cette petite commune aveyronnaise. Viviez est une commune rurale, riche d’une histoire passée.

Bibliographie :

  • Centenaire de la société des mines et fonderies de zinc de la vieille-Montagne 1837-1937

114 pages – Nombreuses reproductions de photographies anciennes – Origines de la société – Son expansion – Son développement technique – Ses oeuvres sociales – Nomenclature des produits – Avec un fac-similé d’un document de l’époque Napoléonienne

  • Balade au cœur de la cité du zinc.

Balade au cœur de la cité du zinc. Lors de la dédicace à la Maison de la presse. Photo DDM. E. L.

LADEPECHE : Vendredi 30 novembre 2012, à la Maison de la presse de Decazeville, on pouvait relever la présence de trois des quatre mousquetaires (A. Bras, G. Derruau, G. Garrigou, M. Soulié) ayant réalisé le livre «Balade au cœur de la cité du zinc». Durant ces deux heures de dédicace, les auteurs ont su faire partager leur travail qui leur a permis de réaliser un ouvrage, riche en photos et souvenirs. 1 200 ouvrages sur 1 500 ont déjà été vendus (que ce soit en France, en Europe, voire outre-Atlantique).

Les auteurs remercient vivement et grandement les habitants environnants qui «ont joué le jeu en nous faisant partager leurs souvenirs familiaux et nous ont permis d’accéder à leurs photos personnelles», et de poursuivre avec «les regrets sur certains oublis ainsi que la limite imposée par l’éditeur sur le nombre de pages».

Notons qu’il aura nécessité trois années de travail ainsi que l’accès aux archives afin que cette démarche, à l’initiative de la mairie, puisse voir le jour, le but étant de faire partager la vie de Viviez par le biais de la vie associative, de souvenirs, de son économie…

Les quelques exemplaires restant sont encore en vente à la mairie de Viviez ou bien à la Maison de la presse de Decazeville.

Annexe * Moulin du Barry-Haut

Moulin à farine hydraulique sur le Riou Viou. (Source : Association les Amis du moulin)

Le moulin du Barry Haut est utilisé depuis le XVème siècle pour la production de farine. Après une projection vidéo sur l’historique du site, le moulin se révèle au visiteur : l’eau du Riou Viou, canalisée à quelques centaines de mètres en amont du moulin, chute de 6 mètres sur la roue à augets qui actionne un roudet et 2 paires de meules, l’une actionnée par une roue à augets, l’autre par une turbine (blutoirs mécanique mûs par la force hydraulique). Le blé se transforme peu à peu en farine, le visiteur suit en direct les différentes étapes. Visites animées par des bénévoles.

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