Jean CHOPIS, Agenais la Fidélité.

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Jean CHOPIS est né au Temple (Lot-et-Garonne) le 12 octobre 1816, il épouse la profession de boulanger  et part sur le tour de France, il est reçu à La Rochelle à la Saint-Honoré 1837 sous le noble nom d’ Agenais la Fidélité.

Agenais la Fidélité est cité par Agricol Perdiguier dans Question vitale sur le compagnonnage, page 41 comme chansonnier. Il publie en 1871 un recueil  intitulé La République universelle composé de huit chansons [1].

En 1892, alors qu’il est en retraite à Pont-Sainte-Maxence (Oise), il édite un nouvel ouvrage, ainsi qu’en 1901, à l’âge de 85 ans, intitulé Œuvres de Jean Chopis, recueil de 87 pages [2].

[1] Recueil de 16 pages ; Tralin éditeur, 49, rue Dauphine ; en vente chez l’auteur, 2,  rue Ernestine La Chapelle.

[2] Creil, Imprimerie de Vermont, 1901 (avec son portrait). Référence BnF François Mitterrand des trois ouvrages retrouvés : YE-55472 (1430), micro fiche 8-YE-3264, 8-YE-5443.

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Aucun de ses chansonniers actuellement retrouvés ne renferme de  chants compagnonniques.

Nous allons même découvrir dans son dernier ouvrage quelques chansons « coquines » dont en voici un exemple :

LE VIOLON
Que l’on fasse sur terre
Disait un musicien
Nom d’un chien !
La paix ou bien la guerre
Je n’ai d’autre souci
Dieu merci
Que d’aller souvent
Comme un bon vivant
Égayer Madelon

Avec mon V… (bis)
Avec mon violon.

De la jeune Lisette
Admirant la beauté
La gaieté
Je lui dis ma brunette
Partagez mon bonheur
Sur l’honneur
Le jour et la nuit
Je viendrais sans bruit
Jouer dans le salon

Avec mon V… (bis)
Avec mon violon.

Aussi dans la prairie
Je vois comme autrefois
Bien des fois
La gentille Marie
Saisir mon instrument
Doucement
Et comme un lutin
Elle veut enfin
Jouer dans le vallon

Avec mon V… (bis)
Avec mon violon.

Peu de chose m’entraîne
Car si Rose le soir
Vient me voir nous parcourons la plaine
Traversant les bosquets
Les guérets
Me disant tout bas
Je veux dans tes bras
Jouer sur le sillon

Avec ton V… (bis)
Avec ton violon.

LA PAIX ET L’UNION [1]

Puisque l’amitié nous rassemble,
Chers compagnons fêtons ensemble
Le beau jour qui nous réunit,
Et si le grand vœu s’accomplit
Comme un poète l’a prédit,
Que l’union et la concorde
Brisent les liens de la discorde.

À l’avenir nous chanterons :
Vive la paix et l’union (bis)

Sous le rayon doré qui brille
Formons une même famille,
Et tous au pied du saint autel,
En présence de l’Éternel,
Faisons un pacte fraternel ;
Soyons unis comme des frères,
Et nous aurons des jours prospères.

Refrain

Puisque c’est la même lumière
Qui rend fécond notre mystère,
Suivons les lois du fondateur ;
Sans distinction avec honneur,
Portons la canne et les couleurs.
Désormais plus de tyrannie,
Tendons-nous une main amie.

Refrain

Enfants de l’antique Judée,
Venez partager cette idée ;
Déchirons cet épais bandeau,
Formons un solide faisceau,
Soyons tous frères, tous égaux,
Et nos enfants dans leurs voyages,
Comme nous suivront ces lois sages.

Refrain

Un Agenais rempli de zèle,
Guidé par la main fraternelle
Au temple d’immortalité,
Au sein de la fraternité,
Fut nommé la fidélité ;
Et, bien qu’au sein de sa famille,
Touché de la flamme qui brille,
Il redira dans ses chansons :
Vive la paix et l’union. (bis)

Honneur aux ouvriers !

Honneur aux ouvriers, enfants de l’industrie,
Aux travailleurs des champs comme des ateliers,
Car s’il fallait encor défendre la Patrie,
Ils n’hésiteraient pas à marcher les premiers.
Comme ils ont fait jadis, pour notre indépendance,
Au feu, jeunes et vieux, voleraient en chantant
Et ne demanderaient, pour toute récompense,
Que de pouvoir gagner leur pain en travaillant. (bis)

Ce n’est qu’en travaillant avec persévérance
Que, du matin au soir, le pauvre laboureur
A cultivé son bien, passé son existence,
Vivant modestement du fruit de son labeur,
Fier de pouvoir passer partout la tête haute
Que tant de gros bonnets n’en peuvent dire autant,
Aussi, loin de vouloir comme eux vivre en despote,
Il préfère gagner son pain en travaillant. (bis)

Combien de parvenus roulent en équipage
À force d’exploiter le pauvre travailleur,
Pire que des goujats, brutes et sans usages,
N’ayant jamais connu le chemin de l’honneur.
Car l’homme de bon sens, comme on en voit tant d’autres,
Ne posséderait-il pas même un sou vaillant,
Ne voudrait pas comme eux vivre aux dépens des autres,
Préférerait gagner son pain en travaillant. (bis)

Riches, pourquoi des gueux vous jugez à l’approche,
Que vous les regardez toujours avec dédain.
Combien de malheureux ont le cœur sans reproche,
Ayant toujours voulu marcher le droit chemin.
S’ils n’ont pas comme vous une grande fortune,
C’est qu’ils ont préféré leur honneur à l’argent,
Car à tout votre avoir, malgré leur infortune,
Ils préfèrent gagner leur pain en travaillant. (bis)

On dit très rarement du bien des pauvres diables
Qui la plupart du temps ne sont pas bien vêtus,
Mais, comme sous l’habit des gens très honorables,
Sous la blouse souvent se cachent des vertus.
Quoique bien pauvrement, passent toute leur vie
N’étant pas plus heureux que le pauvre indigent.
Jamais le bien d’autrui ne leur fait envie,
Ils préfèrent gagner leur pain en travaillant. (bis)

Le 5 juin 1904, Agenais la Fidélité est la star de la Gazette de Creil :

“ Dimanche dernier, M. Charles Fuster, le conférencier parisien bien connu, donnait dans ses salons de la rue des Mathurins, à Paris, une intéressante matinée littéraire et artistique au profit d’une ouvre de bienfaisance. Cette manière à laquelle s’était rendu un public d’élite a obtenu un très vif succès.

Le conférencier dans une charmante causerie sur : Ce qui chante au cœur des poètes, a ravi et ému son auditoire en commentant d’une façon spirituelle ou impressionnante les poésies les plus charmantes, et les plus élevées de sentiments qu’il a lues ou déclamées.

  1. Fuster a récité quelques poésies dont il est l’auteur, et le poète a été aussi vivement applaudi que le conférencier. M. Fuster nous ménageait une surprise, il nous a découvert un poète local que nous ignorions et dont il a une œuvre intime. Notre nouveau poète local n’est pas, nous a dit le conférencier, un jeune, au contraire. Né sous le premier empire, fils du peuple, simple ouvrier connu dans le compagnonnage de jadis sous le nom de « Agenais la fidélité », M. Chopis se repose de ses durs labeurs dans une petite propriété de notre beau pays de Pont-Sainte-Maxence ; et, à plus de 99 ans, jouissant d’un repos bien mérité, il trouve en son cœur des accents poétiques qui feraient pâlir plus d’un barde.
  2. Fuster nous a donc dit avec âme, une charmante poésie de notre compatriote de Pont, et si la Fidélité, le vieux compagnon, avait pu entendre les applaudissements qui l’ont salué, il aurait certainement ressenti une bien douce émotion.

 

LA ROSIÈRE [2]
Air : La biche au bois.

La ville de Pont est heureuse et fière
D’avoir des gens humains et généreux,
Car tous les ans elle aura sa rosière,
Un banquet pour les pauvres malheureux.

Refrain :
À l’ouvrage
Je dis : ma chère
Des bons conseils
Gardez le souvenir.
Je vous engage
D’être bien sage

Si rosière vous voulez devenir.
Aussi, je dis sans cesse à la jeunesse :
Si le beau legs vous voulez obtenir,
Profitez bien des leçons de sagesse,

Si rosière vous voulez devenir.
On ne saurait trop dire aux jeunes filles ;
Il faut toujours penser à l’avenir,
Être avec tout le monde bien gentilles,

Si rosière vous voulez devenir.
Aussi, combien de fois je dis à celles
Qui ne rêvent que toilette et plaisir,
Des vertus il faut être des modèles,

Si rosière vous voulez devenir.
Sachez qu’il faut, au lieu d’être volages,
Laisser partout le meilleur souvenir,
Être toujours honnêtes et bien sages,

Si rosière vous voulez devenir.
Félicitons l’honorable personne
Que pour rosière on a su bien choisir ;
Aussi, Monsieur le Maire la couronne
Et lui remet un joli souvenir.

Pont-Sainte-Maxence, 1901
Jean Chopis, Agenais la Fidélité, C.B.D.D.

Jean CHOPIS, Agenais la fidélité est un oncle paternel de Léonce Pierre CHOPIS, Agenais le courageux, compagnon doleur du Devoir, natif également du Temple, reçu à Cognac le 20 avril 1867. Agenais le courageux fait sa montée en chambre le 21 avril 1867 et en sorti le 5 mai « pour partir sur le TDF en commençant par La Rochelle« , militant actif du Ralliement à la fin du XIXe siècle

En 1870, sous l’impultion de Léonce Pierre CHOPIS, Agenais le courageux, compagnon doleur du Devoir, residant a Paris, les trois cayennes du tour de France des doleurs, Tours , Cognac et Beaune  donnent autorisation a Paris de nommer une mere « de passage ».

[1] Chanson publiée dans Le chansonnier du tour de France par des compagnons de tous les métiers et de tous les Devoirs, par A. Perdiguier, cahier numéro 3 (1859).

[2] Une rosière est une jeune fille qu’on récompense pour sa réputation vertueuse. Instituée, selon la légende, par saint Médard à la fin du Ve siècle, elle consiste en la remise d’une couronne de roses à la jeune fille dont la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la modestie avaient marqué le village. La première rosière aurait été la sœur de saint Médard, sainte Médrine. Elle se fête les 8 juin ou autour de la Pentecôte.

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Agenais le courageux est installé en 1903 à Villeneuve sur Lot et vend du vin en gros.

Encart publicitaire, journal « Le Ralliement »
Le 5 mars 1911, les compagnons doleurs du Devoir de Paris par le biais de Léonce Pierre CHOPIS, Agenais le courageux, demandent  l’aide de la Cayenne des compagnons doleurs de Tours afin de trouver une nouvelle mere. Le compagnon doleur Jules MAURAT*, Tourangeau la vertu ce propose pour trouver une solution au plus vite. Le 2 avril 1911, « la question de la nouvelle mere de Paris est resolu« . Nous savons que Jules MAURAT, Tourangeau la vertu avait de tres bonnes relations avec les compagnons boulangers du Devoir de Tours. Il est fort probable qu’il ait joue un role important aupres des C. Boulangers afin de faire mere commune a Paris. Madame BARDON, epouse du compagnon boulanger du Devoir Poitevin plein d’honneur, mere des Compagnons boulangers de Paris devient mere des Compagnons doleurs du Devoir de la ville de Paris.

*MAURAT Jules, né  a Rochecorbon le 18 octobre 1871, reçu à Beaune a Pâques 1890. Décède a Tours d’un accident 24 juillet 1951.

Léonce Pierre CHOPIS, Agenais le courageux est  le beau-père du célèbre compagnon maréchal-ferrant du Devoir Abel BOYER (né le 07/08/1882 à Carlux) reçu à Bordeaux à la St-Éloi d’hiver de 1900 sous le noble nom de Périgord coeur loyal.

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Maison natale d’Abel BOYER, Perigord coeur loyal.

Abel BOYER fait ses premières armes dans le compagnonnage auprès des chiens blancs de la Cayenne de Nîmes, et auprès d’un, en particulier, le compagnon Louis ACHARD, Tourangeau la constance .
Extrait de « Mémoire d’un compagnon du tour de France » :

Page 110 :  » … c’est là aussi (Nîmes) que je connais le compagnon Achard qui fut mon père spirituel, m’initia à toutes les légendes compagnonniques et surtout et au-dessus de tout, mit entre mes mains les livres de Perdiguier.
Page 118 : « …ce fut Achard le Tourangeau, Compagnon boulanger qui fut mon véritable initiateur au compagnonnage. Il trouva en moi un véritable terrain prêt a recevoir la bonne semence et je dois son fils spirituel. Ce fut sous son influence et sous celle de toute cette ambiance fraternelle et filiale que je conçus mes premières chansons
« .

Page 122 : « … »Voici la Saint-Honoré, tout Nîmes assiste à la messe des boulangers; elle attire beaucoup plus de monde que les plus grandes fêtes de l’année et pour cause? Les patrons boulangers ont faient de la belle et délicieuse brioche que l’on passe dans les grandes corbeilles sous le nez des fidèles et chacun d’y puiser; les boulangers sont d’excellents apôtres du Seigneur, sans prédications, ils savent exciter la piété, et faire accourir les foules.
Me voici à Lunel ; Achard qui m’a confie son pantalon et sa redingote en vue de la Saint-Honoré à Montpellier qui a lieu le dimanche suivant celle de Nîmes, doit me prendre au passage. Mais je n’ai pas de huit-reflets. Je m’en désole ; la patronne m’offre celui de son mari. La Mère m’a prête les souliers du fils en vue de l’événement; me voici donc harnache; le patron est cloué au lit par des rhumatismes et l’effet certainement ridicule que je fais à sa femme les amuse tant que le patron veut me voir et il sourit, ce brave Monsieur Gassend
.

En gare de Lunel et dans la rue, je fais de l’effet. Une demoiselle me lance : « C’est vous le rouleur? » ce doit être une fille de compagnon sans doute.
Enfin, voici le train venant de Nîmes et Achard m’a déjà aperçut de loin. Un compagnon, cela ne peut pas passe inaperçu quand il est vêtu en grand seigneur et Achard de sortir ses couleurs et de les installer sur sa tenue neuve qui a donné ainsi congés à la mienne.
Cortege, messe, banquet, comme à Nîmes, la brioche est doublement bénie par le prêtre et par les fidèles. Le soir, bal au grand théâtre. l’ouverture se fait selon les rites : chaque corporation doit faire la guilbrette selon son rite et cela amuse la galerie. Les hauts-de-forme rabattus sur les oreilles, les compagnons échangent leur salut : que peuvent-ils se dire? Les curieux tendent l’oreille. Les cannes virevoltent, se croisent, je m’étonne du respect de cette foule pour ces cérémonies archaïques. pares la chaine d’alliance, c’est la détente on danse, on chahute, me voici avec Charles le Rochelais a joué à saut-de-mouton ; tantôt, je lui saute sur les épaules; mais o, malheur, le pantalon d’Achard déjà trop court, trop étroit, vétuste, craque et s’ouvre à l’endroit le plus impudique de ma personne; quel succès mes amis : s’il y avait eu un prix dut faire rire, on me l’aurait décerné. Et les âmes charitables -il y en a partout- de réparer les torts à grands coups d’épingle. Or, voulant me remettre à danser, nouveaux craquements et pour éviter le scandale, je pris la résolution d’étayer les murs et les tentures de la salle en m’y adossant telle une cariatide pour les soutenir. »

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Sainte Baume

«. Il est environ deux heures de l’après-midi quand j’ai terminé mon inscription derrière l’un des deux autels qui précèdent le Saint-Pilon et je descends à travers la forêt. »

Voici une chanson écrite à Lunel en juin 1902 par Périgord Coeur Loyal, en souvenir de la Saint-Honoré de Nîmes citée dans le texte ci-dessus:
La Saint-Honoré
Fête des boulangers à Nîmes le 18 mai 1902.

Mes chers amis, le beau soleil de France,
Par un beau jour son éclat radieux
Illumina d’un rayon d’esperance
Le mystère qui réside en ces lieux.
Dans ce beau jour un grand nombre de frères
Viennent fêter le grand Saint-Honoré.
Les boulangers l’ont reconnu pour père
Depuis longtemps par eux est vénéré.

Ce bon vieillard dont ils gardent l’estime,
Le 18 mai en mille neuf cent deux
Vient de prouver dans la ville de Nîmes
A ses enfants l’amour qu’il a pour eux ;
Il est venu ce vieux a barbe grise
A ce banquet prendre place, s’asseoir
A cote de Maitre Jacques et Soubise
Les fondateurs de notre beau Devoir.

Des le matin on put voir dans la ville
Les Compagnons portant cannes et couleurs
Pieusement allant à Sainte Baudile,
De sur deux rangs précédés du rouleur.
Je me souviens que la belle conduite
Des boulangers portait leur étendard
Ou l’on voyait en lettres d’or écrites :
Amour et paix, parmi les hommes d’arts.

Apres l’office en sortant de l’église,
Le cortège reprit son beau maintien.
Mes chers amis, ici quoi qu’on en dise,
Dans un groupe nous virent des indiens.
Que faisaient-ils la sur notre passage
Jalousaient-ils notre fraternité.
Mais le Devoir du vrai Compagnonnage,
N’est pas celui qu’on nomme Liberté.

Apres avoir contourné les arènes
Les boulevards et la Maison carrée
Un bon hotel derrière la Fontaine
Nous attendait pour bien nous restaurer.
Joyeusement autour de cette table,
Prirent place les jeunes aspirants,
Et plus d’un vieux a l’aspect respectable
Vinrent chanter quelques couplets charmands.

Il fallait voir en cette circonstance
La Mère ornée d’une blanche couleur
Que le Languedoc dit la belle prestance,
De la servir se faisait un honneur.
Je n’oublirai pas ce jour d’allégresse
Que plus d’un frères égaya de ses chants,
Ni la gaité en ce jour la déesse
De coeur joyeux nommé le Gevaudan.

Dans ma chanson il faut que je m’arrête,
De mes amis a citer le nom,
Car je n’ai pu les graver dans ma tete
Si ce ne sont ceux du pays Gascon,
Et coeur de roi dont les cheveux grisonnent
De bon courage Itier le Vivarais,
Que ces refrains depuis ce jour résonnent
Comme un parfum au grand Saint Honoré.

Je citerais Charles de La Rochelle,
Ce jeune et gai Compagnon Menuisier,
Aussi Castres le courageux fidèle,
Vrai devoirant Compagnon Cordonnier.
De Montpellier à cette fête intime
Etaient venus avec des boulangers
Fraterniser dans la ville de Nimes,
Avec honneur parmi nous se ranger.

Je n’oublie pas Tourangeau la constance
Car il porte son nom avec honneur
En travaillant il vit dans l’esperance
N’a qu’un seul but, l’alliance des coeurs.
Honneur à toi car ici sur la terre
Ton dévouement vit dans l’obscurité,
Reste toujours soutien du prolétaire,
Tu revivras dans la postérité.

Un assistant de cette belle fête,
Que l’on nomme Périgord coeur loyal
L’a retracé non pas comme poete
C’est un ouvrier, Compagnon maréchal.
Oui dans son coeur il gardera l’empreinte
De ce beau jour et veut ici nommer
Comme témoins :Vivarais va sans crainte
Et Bourguignon nomme le bien aimé.

Abel Boyer dit Périgord Coeur Loyal C. :M. :F. :D. :D. :3. :5. :7. :

-SALADIN Léonce, Languedoc la Belle Prestance, né en 1861 à Collias (30), reçu à Noël 1881 (lieu inconnu)

-AUGIER Léon, Gevaudan Coeur Joyeux, né en 1871 à Frassinet (48) , reçu à Nimes à la Toussaint 1897.

-ITIER Henri, Vivarais Bon Courage, né le 17 octobre 1876 au Pouzin (07), reçu à Nimes à Pâques 1901, mobilisé en 1914 1918, décede le 8 janvier 1944 a Paris.

-PENEAUD Charles, Charles le Rochelais, compagnon menuisier du Devoir, reçu à La Rochelle à la Noël 1883.

-VILLEMARD Hypolithe, Gascon Coeur de Roi, né 1822 à Marsolan (32), reçu à Orleans à l’Assomption 1846

-ACHARD Louis, Tourangeau la Constance, né en 1866 à  Richelieu (37), reçu à Noël 1884 à La Rochelle.

-FORT Louis, Vivarais Va sans Crainte, né en 1840 à Maison Neuve (07), reçu à Pâques 1862 à Nimes.

-GILBERT Emile, Bourguignon le Bien Aimé, né en 1870 à Saussy (21), reçu à Tours à la Saint Honoré 1888.

Nous n’avons pas réussit encore a identifier formellement Castres le Courageux Fidèle, Compagnon cordonnier du Devoir.

Abel BOYER Perigord coeur loyal, intervient dans la presse compagnonnique au sujet du congres avenir des Compagnons boulangers du Devoir à Paris en 1911:
« À mes amis les Boulangers
Asnières, le 8 avril.
Les boulangers, ces chiens enfarinés ne sont pas d’hargneux cerbères. Ce sont les plus jeunes cadets du Compagnonnage et ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas cent ans d’existence qu’ils seraient indignes d’être parmi nous.
Je crois, au contraire, qu’ils ont marqué d’une date nouvelle l’histoire terne du Compagnonnage.
Avant qu’il y eut des chiens de cette race, le Compagnonnage se concrétisait entre quelques corporations du bâtiment et de l’industrie.
En dehors de cette église de l’art, point de salut. Quand les scientistes maréchaux et cordonniers y furent admis de force et de ruse on batailla fort sur les champs pour interdire l’accès du Temple à ces maudits espontons. Et toutes ces guerres n’avaient qu’un but : conserver le droit d’association entre quelques métiers perdus entre mille autres.
Cet esprit de lutte s’appelle encore de nos jours le corporatisme.
Le corporatisme est la synthèse des mots vanité, égoïsme, routine, et c’est ce corporatisme qui fut le meurtrier du Compagnonnage.
Je n’ai jamais pu comprendre comment des hommes, qui se reconnaissent le droit de s’unir et de s’entraider, refusaient, à grand renfort de coups de cannes, cet élémentaire droit à d’autres hommes, parce que ces hommes n’exerçaient pas la même profession qu’eux.
Certainement peu de compagnons d’à présent soutiendront pareilles thèses, mais il n’en est pas moins vrai que le corporatisme existé encore dans le Compagnonnage et que c’est la plaie qui le ronge et l’anéantira si nous ne réagissons pas.

Quand les boulangers portèrent canne, on leur contesta ce droit, et malgré le fruit de leur travail, dont le plus artiste des Compagnons ne peut se dispenser, ils furent durement traites.
Je puis vous assurer que si quelque corporation perdit le gout du corporatisme, ce fut bien celle-là ; le titre de mitron se payant d’un coup de trique, personne ne s’enorgueillissait ; ce fut donc pour cela que les boulangers furent peut-être, de tous les Compagnons, les plus fraternels. Eux au moins n’apportaient pas dans leurs relations avec les autres Compagnons, la suprématie de leur art.
Ils ont conservé cette modestie corporative qui leur vaut l’estime des générations compagnonniques nouvelles. De tous les CC . : , j’ose dire que ce sont les plus dévouent à la cause générale, les autres corporations s’occupent beaucoup d’elles-mêmes et souvent avec la maladresse qu’engendre un égoïsme fatal.
Ils vont avoir un Congrès, ces braves loulous blancs, ils en ont besoin. Chez eux c’est comme chez tant d’autres : la dispersion des efforts.
Des sièges, ils en ont partout, les uns riches, les autres purotins. Le riche serait-il gavé d’or qu’il ne viendra pas en aide à un autre plus malheureux, et pourtant il se pourrait parfois que le siège en souffrance fût celui qui procure le plus d’adherents aux sièges plus heureux que lui.
Cela n’est qu’un côté de tous les cotes défectueux de leur organisation. Aussi l’ont-ils compris depuis longtemps, puisqu’ils se décident à réagir dans un Congrès.
Un Congrès ça coute, et cela ne s’organise pas en un seul jour. Il y a des villes qui supportent difficilement de tels frais, mais il n’en eut pas ete de même si leurs fonds eussent ete centralise, la caisse centrale eut pu combler tous les frais au grand soulagement des petites sections comme Nîmes et Montpellier que je connais particulièrement.

J’espère que tous les CC . :  espereront avec moi, que de ce Congrès sortira une Société unique répartie sur tout le tour de France en sections. Ils sauront unir leur fonds de caisse pour créer le noyau du futur capital social qui attirera vers lui plus d’adherents que toutes les conduites et toutes les manifestations compagnonniques que l’on puisse imaginer.
Nous espérons aussi que le Congrès prendra la résolution de contracter alliance de capitaux avec toute société organisée sur le même pied d’égalité qu’elle est de participer à tous Congrès intercompagnonniques convoques en ce sens.
Les boulangers seront peut-être les hardis pionniers qui traceront le sentier nouveau ou le Compagnonnage doit s’engager sans tarder, s’il ne veut pas dépérir comme un vieil arbre que les vents d’automne effeuillent de leur souffle glace.
Mais mais les Boulangers, qui furent mes premiers éducateurs, mes inspirateurs pourrais-je dire, ne me sauront point de mal d’avoir ainsi exprime mon opinion vis-à-vis d’eux.
Je leur dirai, pour m’en excuser, très simplement ceci : Ce n’est pas en maréchal que je vous juge, mais en Compagnon ; car quand nous cesserons d’être des boulangers, des charpentiers, des maréchaux, pour être des Compagnons, ce jour-là, nous serons réellement tous Frères.
Venus à l’aurore d’un siècle du progrès, Compagnons boulangers, soyez avec lui, mon coeur est avec vous ».

Abel Boyer, Périgord Coeur Loyal, C. :M. :F. :D. :D. :

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Abel BOYER à Asnières, 1932

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1948

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Auteur de : Le Tour de France d’un Compagnon du Devoir (1957)

Abel BOYER, Périgord Coeur Loyal décède à Beauvais en 1959 .

Laurent Bourcier, Picard la Fidélité, C.P.R.F.A.D.

Commentaires concernant : "Jean CHOPIS, Agenais la Fidélité." (4)

  1. Philippe Langlet a écrit:

    Je m’intéresse plus particulièrement à PENEAUD Charles, Charles le Rochelais.

    Avez-vous des données biographiques à son sujet?
    Ou qui peut m’en donner?
    Merci.
    Ph. Langlet

    • Bourcier a écrit:

      Bonjour M Langlet.
      Une question, de quel metier est Charles Peneaud?
      Merci
      Cordialement
      Picard la fidelite

      • Bourcier a écrit:

        Si il s’agit bien du compagnon menuisier site dans notre article, je vous propose de contacter M C. Cheutin, compagnon menuisier et historien, directeur de la Maison de l’Outil a Troyes.
        Cordialement
        Picard la fidelite

  2. Bourcier a écrit:

    Chers lecteurs,

    Grâce à la page généalogique du site du Musée du Compagnonnage de Tours, nous avons pu identifier Castres le Courageux Fidèle.

    Il s’agit de Jules Culié, né le 28 juillet 1877 à Berlats (81), fils de François Culié, 40 ans, propriétaire cultivateur domicilié à Montfrech, et de Marie Benoît, 29 ans, ménagère.

    Entré à la société des comapgnons cordonniers bottiers du Devoir de Marseille comme membre participant. Reçu compagnon à Lyon le 25 octobre 1898.
    Marié à Berlats (81) le 28 octobre 1903 avec Marie Elise Calvet, couturière aux Clauzures, commune de Berlats, née le 24 août 1884, fille de Pierre-Alain Calvet et de Marie Enjalbert, cultivateurs.

    (Source : AD Tarn numérisées : Etat civil).

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