Jean-Charles-Pierre Lenoir et les illuminations de Paris 1774

Jean-Charles-Pierre Lenoir et les illuminations de Paris 1774

La création de l’Ecole de Boulangerie en 1782

La guerre des farines et l’approvisionnement de Paris

396 – Jean-Claude THIERRY. Crédit photo jeton et descriptif par CGB.

31mm. Argent. Référence Feuardent 5869.

Avers : Armes de Pierre Lenoir soutenues par deux lions : ILLUMN de Paris ETABLIE EN 1769 CONTINUEE PAR MR LENOIR ; à l’exergue : 1774.

Revers : ILLO PROCURANTE NOX INSTAR DIEI. (Par ses soins, la nuit équivaut au jour). Minerve debout tenant le portrait de Lenoir.

Ce jeton est frappé comme une médaille avec un listel très haut et un axe en médaille. Il n’est pas exclu qu’il ait cumulé les deux fonctions, celle de la célébration de l’évènement et celle de jeton personnel du Lieutenant de Police.

Jean Charles Pierre Lenoir ou Le Noir, né le 10 décembre 1732 à Paris où il est mort, le 17 novembre 1807, est un haut fonctionnaire français.

Issu d’une lignée de magistrats et de financiers, il est le fils de Jean Charles Joseph Lenoir (1687-1754), conseiller puis lieutenant civil au Châtelet de Paris. Il a fait rétablir l’institution du Mont-de-piété, supprimé par Anne d’Autriche en 1644 sous la pression des usuriers.

Jean Charles Pierre Lenoir -Lieutenant général de police – 1776-1785

Ses « Mémoires » et une idée de la police des Lumières Jean-Charles-Pierre Lenoir (1732-1807), lieutenant général de police de Paris (1774-1785) par Vincent Milliot.

La création de l’Ecole de Boulangerie en 1782 associe autour d’un projet d’école professionnelle et d’un projet d’institution de recherche sur les grains et la panification, des techniciens et des praticiens que supervise un comité de surveillance où figurent en bonne place scientifiques et administrateurs.

Il s’attelle à la création d’une école de boulangerie et d’ateliers d’ouvriers, à la création de halles au grain et de marché, marqué qu’il est par l’épisode de 1775.

On lui doit aussi des mesures contre les incendies, pour la prohibition du cuivre et du plomb dans le transport et le conditionnement des denrées, l’établissement des piliers dans les carrières sud de Paris ainsi que l’éclairage continu des rues principales de la capitale. Toutes ses mesures révèlent les grandes lignes d’un programme hygiéniste et modernisateur qu’il défend dans ses Mémoires.

La guerre des farines et l’approvisionnement de Paris à la veille de la Révolution

En 1807 Jean-Charles-Pierre Lenoir mourut sans avoir terminé la rédaction des mémoires qu’il voulait publier, évidemment pour justifier sa conduite comme lieutenant-général de police d’août 1774 à mai 1775 et de juin 1776 à août 1785. Inachevés et inédits, les mémoires de Lenoir contiennent l’essai suivant sur la « guerre des Farines », sujet dont l’importance a été soulignée par G. Rude *. Lenoir joua un rôle essentiel, bien que mal connu, dans la crise du 3 mai 1775.

Cet épisode demeure obscur ainsi que sa propre interprétation du mouvement populaire, que Lenoir résume dans une autre version de l’essai :

« II n’est plus douteux que l’introduction du système de la liberté illimitée dans le commerce des grains n’ait été la cause principale des émeutes qui en 1775 troublèrent la tranquillité de Paris et de quelques provinces du royaume. Les économistes alors en crédit avaient été autorisés à faire imprimer et publier qu’il ne fallait ni approvisionnements, ni magasins publics dans les villes de grande population ; ils étaient parvenus à faire proscrire comme abusives les mesures réglementaires dont la police de Paris faisait depuis longtemps un usage bon et paisible. Ils y avaient ainsi attiré une disette factice.

Il est encore plus avéré maintenant que la révolte commencée au milieu de l’année 1789 en cette ville sous le faux prétexte qu’il n’y avait point de liberté en France, s’est rapidement propagée à la faveur d’une disette que l’on aurait pu prévenir. »

Quelques extraits de la guerre des farines et l’approvisionnement de Paris :

Les mousquetaires, qui dès la veille avaient été prévenus, s’étaient hâtés de se transporter dans les marchés. Les mutins en fuyant renversèrent les paniers remplis de pains et obstruèrent ainsi le passage des chevaux. Il était neuf heures du matin : la garde ou le guet de Paris devait prendre l’ordre chez son commandant à pareille heure, et le peuple s’était déjà porté chez les boulangers, où il pillait le pain trouvé dans leurs boutiques.

Ce pillage avait un caractère particulier. Le peuple s’y conduisait sans violence. Les boutiques des boulangers furent pillées, mais celles des pâtissiers et des marchands d’autres comestibles exposées également à la vue publique furent respectées.

Néanmoins les boulangers qui avaient été pillés la veille, ayant été rassurés par les commissaires de police, avaient dès le soir même repris leurs travaux, de sorte qu’il y eut le jour suivant du pain en suffisante quantité. Telle fut exactement ma conduite pendant cette longue et fatale journée.

Dans la journée du 5 mai, on plaça un soldat en sentinelle à la porte de chaque boulanger. On déploya dans les rues de Paris une force militaire extraordinaire.

Par l’intelligence et l’activité du prévôt des marchands et de l’intendant de la généralité de Paris réunis aux soins vigilants de la police, il fut heureusement pourvu à tous les besoins de la capitale. On mit en œuvre des moulins à pédales qui avaient été inventés pour donner du travail aux prisonniers de Bicêtre ; on fit venir des moulins à bras, dont on se sert aux armées ; on employa jusqu’à des moulins à café pour moudre du bled. A chaque journée des quantités de farines furent distribuées à des boulangers pour faire du pain dont le prix n’augmenta que fort peu.

J’établis en même temps auprès de cette halle une école de boulangerie et un comité qui se composait et se renouvelait parmi les intendants de commerce, parmi les intendants des provinces et parmi les membres de l’Académie des Sciences et de la Société d’Agriculture et auxquels assistaient exactement les syndics de la communauté des boulangers de Paris.

On vit arriver à cette nouvelle école des boulangers de province et des boulangers étrangers, pour y apprendre l’art de la boulangerie renommé à Paris. Il s’y fabriquait des pains de pommes de terre et d’autres productions nutritives et farineuses.

On y faisait l’examen des états envoyés des récoltes des divers pays de la France et des pays voisins par les chambres de commerce et par les ambassadeurs. On y avisait aux moyens de faire circuler les grains pour le meilleur avantage de tous les habitants du royaume. Là, sur le vu des mercuriales des marchés aux environs de Paris portant le prix des grains vendus, se réglait naturellement le prix du pain à Paris.

Il n’était plus formellement taxé par aucune ordonnance de la police, dont les fonctions à cet égard se bornaient en quelque sorte à veiller attentivement à ce que la halle fût toujours suffisamment garnie de farines et à empêcher tout surhaussement injuste dans le prix de la nourriture commune du peuple de la capitale.

Paris – Le Premier Commissariat de Police. Rue Geoffroy-St-Hilaire.

Par Jean-Claude THIERRY

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