Bonne Année Pâtisserie Lambrou Paris 5E

125 – Collection Jean-Claude THIERRY. Agrandi 3 fois.

21 mm. Aluminium. Avers : PATISSERIE ORIENTALE * S-LAMBROU* / * BONNE * ANNEE * .Revers : 12. RUE ZACHARIE / PARIS 5E– / TELEPHONE – GOR. 6631.

Les jetons publicitaires de Pâtisserie souhaitant « Bonne Année », se font rares, et celui-ci m’a incité à rechercher sur place à Paris,  le commerce de l’époque. La rue Zacharie est devenue la rue Xavier-Privas en 1929, ce jeton y est donc antérieur. Aujourd’hui, c’est un restaurant qui à remplacé la Boulangerie.

Pourquoi fête-t-on la nouvelle année ?

S’embrasser sous le gui, prendre de bonnes résolutions…, ces usages avaient déjà cours à Babylone, chez les Romains et au pays des druides.

Le premier jour de l’année est en quelque sorte sacré ; il marque notre destin pour toute l’année à venir.

C’est une date de grande superstition où paroles, actes, rencontres, nourriture et dons sont des signes porte-bonheur. Si chaque pays, chaque peuple, chaque religion célèbre à sa manière cette fête tant attendue, chacun a ses codes et ses rites immuables de « passage » pour éloigner le mauvais sort et attirer la chance lors des trois coutumes universelles du nouvel an : le réveillon, les vœux, les étrennes.

Chants, danses, toasts, embrassades se font dans la joie, la lumière et le bruit pour enterrer la vieille année et fêter la naissance de la nouvelle sous les meilleurs auspices.

Musique, cotillons, pétards, klaxons, bougies et feux d’artifice ayant eu toujours le pouvoir de faire fuir les mauvais esprits !

Le nouvel an, appelé aussi jour de l’an, est le premier jour de l’année. Tous les pays n’ont pas le même calendrier. Leur origine, leur mode de calcul et leur durée étant sensiblement différents, le nouvel an se fête dans le monde entier, mais à une date correspondant au calendrier de chacun.

Les calendriers julien et grégorien reposent sur le type solaire fondé sur le cycle des saisons et sur le temps de révolution de la Terre autour du Soleil.

Notre calendrier grégorien dure trois cent soixante-cinq ou trois cent soixante-six jours, répartis sur douze mois de trente ou trente et un jours, excepté le mois de février, qui compte vingt-huit ou vingt-neuf jours si l’année est – ou non – bissextile.

Il porte le nom du pape Grégoire XIII, qui l’impose en 1582 et décrète, cette même année, que le vendredi 15 octobre sera le lendemain du jeudi 4 octobre pour rattraper un retard de dix jours – l’année civile adoptée par Jules César dans le calendrier julien s’étant révélée trop longue.

On décide aussi, pour éviter le retard de trois jours en quatre cents ans, de supprimer le jour supplémentaire destiné à rendre bissextiles les années fin de siècle 1700, 1800, 1900 et d’ajouter un jour au mois de février tous les quatre ans. C’est pourquoi ce calendrier est encore aujourd’hui en avance de treize jours sur le calendrier julien, que les chrétiens d’Orient ont conservé.

 

Rites de purification

Le jour de l’an n’a pas toujours été fêté le 1er janvier.

Les historiens situent ses premières célébrations à Babylone, deux mille ans avant notre ère. À la fin du mois de mars, les festivités et rites de purification durent une dizaine de jours.

Sous la haute Antiquité, le soleil étant la divinité première et souveraine, les cérémonies se rattachant à la nouvelle année ont lieu en son honneur.

En Égypte antique, la crue annuelle du Nil étant l’événement majeur de l’année, le Jour de l’an commence avec les premiers signes de la montée des eaux. Lors de cette fête, la plus prisée des Égyptiens, chacun fait des offrandes aux morts et aux dieux, notamment à Rê, le dieu solaire, dont on fête à cette occasion l’anniversaire.

Dans la Rome antique, Romulus fait commencer l’année le 1er mars ; César, en 45 av. J.-C, le 1er janvier. Dans l’ancien calendrier romain, septembre est le septième mois ; octobre, le huitième… et mars, le premier mois de l’année de Martius, nom du dieu de la guerre qui débute avec le printemps.

Le mot « janvier » vient du dieu romain Janus, du latin janua « portail » ou « découverte ».

Tous les portails de Rome sont sous la protection de Janus, dieu des Portes, et, puisqu’on les utilise pour entrer comme pour sortir, ce dieu a deux visages. Le premier regarde en avant, le second en arrière. C’est exactement ce que l’on fait le soir du réveillon, en se retournant sur l’an passé tout en voulant se projeter en avant dans le futur.

Le jour de l’an, les portes des temples sont ouvertes, on s’offre des présents, nos futures étrennes, lire page 50, on échange des vœux et on prononce des prières que Janus écoute, comme le rappelle Ovide dans ses Fastes : « Mais pourquoi prononçons-nous des paroles joyeuses à tes calendes, et pourquoi faisons-nous cet échange de vœux ?

Alors le dieu, appuyé sur le bâton qu’il tenait de la main droite, dit : « D’habitude, les commencements comportent des présages. À la première parole, vous tendez une oreille craintive et c’est le premier oiseau entrevu que consulte l’augure. Les temples des dieux sont ouverts, de même que leurs oreilles : nulle langue ne formule en vain des prières ; les paroles ont leurs poids ».

En France, la date officielle du commencement de l’année varie au cours des siècles. Sous les Mérovingiens, le Premier de l’an est célébré le 1er mars ; sous les Carolingiens, à Noël ; et sous les Capétiens, le 25 mars. Au XIe siècle, il est, sous l’influence de l’Église, transféré au Samedi saint.

C’est au XVe siècle, le 9 août 1564, que Charles IX, par l’édit de Roussillon Isère, fixe le 1er janvier comme premier jour du premier mois de l’année. L’article 39 annonce : « Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instruments, contracts, ordonnance, dicts tant patentes que missives, et toute escripture privée, l’année commence dorénavant et soit comptée du premier jour de ce moys de janvier ».

Les vertus aphrodisiaques des huîtres

En 1792, le calendrier devient républicain, et il est décrété que l’année commencera le jour où le soleil franchit le point équinoxial d’automne. Ce jour, qui se trouve être le 22 septembre 1792, est appelé primidi 1er vendémiaire de l’an I de la République.

Dans la concordance avec le calendrier républicain, le 1er janvier correspond à peu près au 11 nivôse et le 31 décembre au 11 pluviôse. Le 22 septembre 2011, nous sommes ainsi passés de l’an 219 à l’an 220 du calendrier révolutionnaire. Le 22 fructidor an XIII 9 septembre 1805, Napoléon abroge le calendrier républicain et instaure le rétablissement du calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806.

Le 1er janvier deviendra un jour férié légal par un arrêté du Conseil d’État le 23 mars 1810.

Le réveillon, repas traditionnel de la nuit du nouvel an, est appelé aussi réveillon de la Saint-Sylvestre, du nom du pape Sylvestre 314-335, fêté le 31 décembre.

Pour le réveillon, on s’habille d’étoffes brillantes, argentées, dorées, pailletées, la tradition voulant que l’on porte au moins une pièce neuve le premier jour de l’année. Au menu, des fruits de mer, notamment des huîtres consommées depuis l’Antiquité, Apollinaire, comme Casanova, leur prêtait des vertus aphrodisiaques et du foie gras.

Les pharaons et les Romains en raffolaient déjà et gavaient les oies avec des figues jecur ficatum, « foie obtenu avec des figues ».

Sur la table, aussi, du caviar. Ce poisson séculaire de la mer Caspienne, devenu le plus grand symbole de luxe prisé par Gengis Khan, il était également le mets préféré de Rabelais et de Shakespeare, est qualifié dans le monde entier d' »or noir » pour son goût très fin et son pouvoir énergétique.

Mais c’est surtout dans la pâtisserie, sucrée et épicée, que subsistent les traces des symboles païens et religieux dans les régions françaises. Aliment de fête par excellence, le miel symbole solaire, de pureté et douceur est déjà présent dans le delta du Nil ; les Grecs lui prêtent le don de prophétie, et les Chinois en font au Xe siècle le mikong « pain de miel », pain d’épices qui sera adopté par les Arabes et importé en Occident lors des Croisades.

Les épices, cannelle, cardamome, gingembre, avec les formes pointues ou solaires des gâteaux chat, étoile, roue, se révèlent protectrices.

Ces biscuits passaient pour avoir des effets magiques contre le mauvais sort et les maladies, cornes et pointes ayant toujours été utilisées contre les sorciers et les maléfices, d’où les appellations cornues Limousin ou cornabeux Berry.

C’est ainsi que l’expression pittoresque « être heureux comme un coq en pâte » vient du petit gâteau porte-bonheur en forme de coq offert dans le Bourbonnais aux vœux de nouvel an.

Si chaque région avait ses formes et ses noms de gâteaux, il est vraisemblable que comme les brioches vosgiennes appelées quenieux la tradition, encore respectée de nos jours, veut que les parrains en offrent une à leur filleul au nouvel an les keugneux ou cogneux Lorraine, queniolles Nord, coignolles ou cougnous Flandres, cugnaux Ardennes, cugnots ou cognots Champagne, quinieu ou cugneux Franche-Comté, cuignets ou cuegnets Somme, etc., sont des termes patois contractés de « gui neuf », issu de l’expression « Au gui l’an neuf » des coutumes celtes.

On trouve la même racine étymologique dans la guillauné ou guillaneu Touraine, guillanneuf Bourgogne, aguilaneu Poitou, guyané ou aguyano Bretagne, guénel Picardie, auguinel ou aguignettes Normandie, le gâteau-cadeau que les enfants guisarts réclament lors des tournées de quête du nouvel an.

En Corse, on mange des i strenni, en forme de pain à deux têtes en hommage à Janus.

 

On ripaille, on boit du champagne

À Rome, les dattes, particulièrement prisées, sont offertes fourrées d’une pièce de monnaie pour le Jour de l’an. Selon Pline l’Ancien, « Lorsqu’elles sont fraîches, les dattes sont si délicieuses que seul le danger de périr vous arrête d’en manger ».

Cette tradition de la pièce de monnaie porte-bonheur cachée dans le gâteau ou pain du nouvel an vient des Saturnales, ces fêtes paillardes romaines qui se sont perpétuées à travers les âges, notamment dans la galette des Rois de l’Épiphanie. On ripaille, on boit du champagne en portant des toasts « Bonne année ! Bonne santé ! » et en cassant à minuit le verre dans lequel on a bu ; on danse et, après le symbolique baiser sous le gui, on s’adresse au téléphone des vœux de bonne année. Le lendemain, il est d’usage de présenter ses vœux à ses proches pour leur porter bonheur.

À l’époque des Gaulois, le gui était déjà une plante sacrée, possédant des vertus magiques attribuées à sa perpétuelle verdeur. Dans Commentaires sur la guerre des Gaules, Jules César écrit en – 52 : « Le gui est fort difficile à trouver.

Quand on l’a découvert, les druides vont le chercher avec respect et toujours le sixième jour de la lune, jour si révéré par eux qu’il est le commencement de leurs mois, de leurs années, de leurs siècles mêmes, qui ne sont que de trente ans…

Lorsque les druides ont préparé sous l’arbre tout l’appareil du sacrifice et du festin qu’ils doivent y faire, ils font approcher deux taureaux blancs qu’on attache alors par les cornes ; ensuite un prêtre en robe blanche monte sur l’arbre et coupe avec une serpette d’or le gui…

Les druides croient que l’eau où l’on a fait tremper le gui rend féconds tous les animaux qui en boivent et qu’elle est un remède spécifique contre toute espèce de poisons.

La cérémonie de cueillir le gui est la plus solennelle de toutes celles que pratiquaient les druides. » Depuis le Moyen Âge, où l’on clamait « O ghel an heu » « Le blé lève », il est ainsi lié aux rites du nouvel an.

 

Premier bain de l’année

De nos jours, suivant la coutume d’origine anglaise, une boule de gui porte-bonheur est accrochée au plafond du salon ou au-dessus de la porte d’entrée et, à minuit, on s’embrasse dessous en échangeant des vœux.

L’usage voudrait qu’on donne autant de baisers que de baies de gui comptées sur le bouquet en gage de bonheur sentimental entre époux, d’un mari dans l’année pour les jeunes filles, de nombreux enfants pour les nouveaux mariés. La soirée peut se prolonger en jouant aux cartes, y gagner porte chance et prospérité.

Les courageux habitants des bords de mer se purifient en prenant le premier bain de l’année, quand d’autres ouvrent les fenêtres pour laisser partir la vieille année, puis la porte, pour laisser entrer la nouvelle.

Pendant les douze coups de minuit, cet instant fatidique où tout paraît possible, il convient de faire attention aux premières fois : on doit être de bonne humeur pour l’être toute l’année et surtout ne pas proférer de mauvaises paroles.

Dans Le Livre des superstitions, Éloïse Mozzani prévient que, pour que l’année soit bonne, la première personne vue doit être de sexe différent ; s’il s’agit d’un ennemi de la famille, l’année sera mauvaise ; et il est de mauvais augure qu’une femme vous souhaite la première la bonne année…

Enfin, on dit que le jour de la semaine du 1er janvier détermine le temps de l’année : tombant un dimanche en 2012, l’hiver sera doux, le printemps humide, l’été et l’automne venteux.

La coutume des vœux devint postale grâce à un Anglais, sir Henry Cole, inventeur de la carte de Noël en 1843. Vers 1895, avec les progrès croissants de l’imprimerie, ce qui était un jeu devint une coutume quasi obligatoire faisant crouler les sacs postaux au mois de janvier.

Mais, depuis quelques années, le téléphone et Internet se substituent à ces jolies cartes.

Dommage, car, loin d’être une corvée, l’effort d’écrire quelques mots témoigne d’un geste de civilité et d’amitié. La nouvelle année est aussi l’occasion de prendre de bonnes résolutions.

Un usage que nous ont transmis les Babyloniens, qui, à la nouvelle lune suivant le solstice de printemps, décidaient non pas de s’arrêter de fumer ou de faire du sport, mais, plus prosaïquement, de rendre à leurs voisins le matériel agricole emprunté au cours de l’année passée.

Oui, tous les ans, c’est le même engagement, le même défi, mais… Alors, choisissons-en au moins un, petit ou grand, et, cette année promis, juré, tenons-le !    Sophie Horay-Lounguine (Historia)

 

Bonne Année

Faits d’hier

Histoire d’une tradition qui assurait une bonne année qui embrase les fêtes et achève les agapes

Dessert indissociable des repas de Noël, la bûche pâtissière rappelle une tradition destinée à assurer à la maisonnée une année propice en brûlant dans l’âtre une véritable bûche, accompagnée de tout un cérémonial.

La tradition de la bûche de Noël (cõsso de Nodãù, en occitan) prend ses racines dans les célébrations du solstice d’hiver avant que la religion chrétienne n’en fasse le jour de la naissance du Christ.

Observée en Limousin comme dans d’autres régions françaises, elle débutait par la coupe de l’arbre dont on tirait la bûche : du noisetier ou de l’aubépine, réputés pour leur qualité de porte-bonheur ; une variété fruitière, dans l’espoir d’une récolte abondante de fruits dans l’année future ; à défaut du chêne, du hêtre, du bouleau, du prunelier.

Le père de famille effectuait cette tâche le 23 ou le 24 décembre après le coucher du soleil, voire pour ce jour-là.

La bûche devait présenter un trou pour favoriser la ponte des poules et il ne fallait pas s’asseoir dessus par crainte d’une poussée de furoncles, ni l’enjamber, geste néfaste ! Généralement, la plus grosse partie du tronc de l’arbre, voire la souche, constituait la bûche.

Après l’avoir bénie, l’aïeul(e) ou le père mettaient la bûche dans l’âtre, entourée des braises de celle de l’année précédente, pieusement conservées, et l’allumaient, avant le départ pour la messe de minuit.

Elle devait brûler régulièrement et lentement toute la nuit, même jusqu’à l’Épiphanie dans certains endroits. Si elle s’éteignait, malheur à la maisonnée !

Retirée de l’âtre le lendemain de Noël, la bûche y était remise le premier de l’An jusqu’à l’Épiphanie.

On conservait ses cendres pour « engraisser » le fumier ou être répandues dans le premier sillon aux prochaines semailles.

On plaçait les tisons, censés éloigner la foudre, sous le lit, dans la chambre, ainsi que dans l’étable et la bergerie, pour favoriser la mise bas des vaches et des brebis.

Rien ne se perdait dans la bûche de Noël : tout y était bon, comme dans le cochon.

D’autres modes de chauffage remplaçant les âtres dans la plupart des maisons, on a substitué à la véritable bûche une pâtisserie de même forme à une date inconnue.

La base de ce gâteau est un biscuit à pâte battue inventé au XIX e s. (génoise), léger, mousseux mais sec, sur lequel on étale une crème au beurre parfumée (chocolat, café, Grand-Marnier » avant de le rouler puis de le recouvrir d’un glaçage au chocolat imitant l’écorce de l’arbre.

Aujourd’hui, les artisans pâtissiers mettent tout leur savoir-faire dans la confection de bûches aux saveurs nouvelles, tout en conservant la forme traditionnelle.   (Source ; La Montagne)

 

L’histoire de la rue Zacharie (archives Paris anecdote)

Rue Zacharie, c. 1866. Vue prise de la rue Saint-Séverin, 5ème arrondissement, Paris.

(Source : Charles Marville. Vues du Vieux Paris)

Ce nom de Zacharie est une altération de Sacalie, à cause d’une maison dénommée « Méson Sacalie » qui existait au XIème siècle, et qui avait été donnée par le prieur de Saint-Martin-des-Champs à son monastère. De Sacalie, on fit Sac à lit, Sac-Alie et enfin Zacharie.

En 1240, c’était la rue Orillon ; en 1366 la rue des Bouticles, à cause de bouticles ou boutiques servant à conserver le poisson ; de 1379 à 1421, ce fut la rue Thibaut-aux-Broches (aux Hameçons).

La partie située entre le quai Saint-Michel et la rue de la Huchette s’appelait rue des Trois Chandeliers, nom qui lui venait d’une vieille enseigne, le reste de la rue portait le nom de Zacharie qu’elle avait déjà en 1219. En 1851, la rue des Trois Chandeliers fut réunie à la rue Zacharie.

Au coin de cette rue et de la rue Saint-Séverin était autrefois l’Ostellerie de la Rose Rouge ; ce cabaret appartenait à un certain Guillaume Fouquet, écuyer d’Isabeau de Bavière. C’est là que « les divins poètes de la pléiade » se réunissaient et qu’ « ivres d’antiquités, ils buvaient du vin consacré dans des peaux de boucs ». Sur la façade de cette même maison, on voyait encore au commencement du XVIIIème siècle une pierre de deux pieds carrés sur laquelle étaient représentés un homme renversé de cheval et un autre auquel une dame mettait sur la tête une couronne de roses avec ces mots au-dessous :

En dépit de l’envie.

C’était un monument qu’une parente du sire de Clary avait consacré à ce chevalier qui avait vaincu en champ clos, Pierre de Courtenay, chevalier anglais, au temps de Charles VI, et que le duc de Bourgogne avait persécuté, parce que son favori La Trémoille n’avait pas été aussi heureux que Clary contre Courtenay.

La rue Zacharie s’est appelée un moment rue Berthe et par altération rue Berthet. De 1611 à 1654, cette petite ruelle, très mal fréquentée, fut fermée à ses extrémités par ordre du prévôt de Paris « pour éviter aux accidents qui arrivent, par la mort de plusieurs personnes qui y sont tuées la nuit ».

Gustave Pessard. Nouveau dictionnaire historique de Paris avec une préface de M. Charles Normand. 1904

Zacharie (Rue). Commence au quai Saint-Michel, nos 13 et 15 ; finit à la rue Saint-Séverin, nos 24 et 26. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 100 m.  11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Première partie, comprise entre le quai Saint-Michel et la rue de la Huchette. Nous n’avons pu trouver aucun acte antérieur à 1350 qui vint constater l’existence de cette rue.

C’était autrefois un petit chemin, une descente de la rue de la Huchette à la rivière. Son premier nom fut celui de rue Berthe. Dans un compte cité par Sauval, on énonce la rue et le port des Bouticles. En 1366, ce dernier nom était affecté à cette ruelle.

À son extrémité se trouvaient des boutiques ou bateaux dans lesquels on conservait du poisson. Plus tard on lui donna, en raison d’une enseigne, le nom de rue des Trois-Chandeliers. Le 13 août 1611, les Prévôt des marchands et échevins autorisèrent la fermeture de cette rue, où il arrivait de fréquents accidents.

Une ordonnance des trésoriers de France, à la date du 22 septembre 1654, prescrivit de nouveau la clôture, « pour éviter, est-il dit, aux accidents qui arrivent journellement par la mort de plusieurs personnes qui y sont tuées de nuit ».

Par décision ministérielle du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, la largeur de cette voie publique fut fixée à 7 m. Cette largeur devra être portée à 10 m, en vertu d’une ordonnance royale du 11 août 1844. Conformément à une décision ministérielle du 9 avril 1851, la rue des Trois Chandeliers a été réunie à la rue Zacharie.

Deuxième partie, comprise entre les rues de la Huchette et Saint-Séverin. Cette rue, l’une des plus anciennes de Paris, tire son nom de la maison dite de Sacalie.

Depuis 1219, cette dénomination a été souvent altérée. On a écrit Sac-Alie, Sac-Calie, Sac-à-lit, etc. Dès 1636, on la trouve désignée sous le nom de Zacharie. Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, lignée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur devra être portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. Les maisons nos 15, 17, 20 et 22 sont alignées. [Félix et Louis Lazare. Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris. Paris, Bureau de la Revue Municipale, 1855.]

L’historique donné par les frères Lazare, qui provient pour l’essentiel de Sauval et Jaillot, a été révisé depuis. Berty note qu’il y avait de nombreuses “descentes à la rivière” entre les rues de la Bûcherie, de la Huchette et la Seine, ce qui a occasionné de nombreuses confusions, y compris dans les anciens titres. Les dénominations de rue Berthe (“Berthe la Trippière”, 1341) et des Bouticles (“ruelle par où on s’en va aux bouticles à poisson”, 1395) appartiennent plus à la rue du Chat-qui-pêche.

La rue des Trois Chandeliers, réunie à la rue Zacharie en 1851, est appelée ainsi depuis le XIVe siècle en raison d’une enseigne de chandellerie. On la trouve aussi sous les noms de rue Hébert aux broches, Bertaut aux broches, Thibault aux broches, du nom de trois fameux rôtisseurs (1292-1421), et rue des Broches (1447) ou des Troches (1455).

La rue Zacharie perd regrettablement sa dénomination historique par arrêté du 22 janvier 1929, malgré l’opposition de la Commission du Vieux Paris et des riverains. C’est depuis la rue Xavier Privas, du nom d’Antoine Paul Taravel, dit Xavier Privas (1863-1927), poète chansonnier aujourd’hui oublié.

Datation de la prise de vue : vers 1866.

Photo Jean-Claude THIERRY – La rue Xavier-Privas de nos jours

Histoire : (Source ;  les rues de Paris).

Cette voie s’est d’abord appelée rue Zacharie, appellation provenant de la déformation de « Sac-à-lie », du nom d’une maison qui se trouvait là au 13ème siècle. La rue a été débaptisée le 22 janvier 1929 au profit du poète et chansonnier Antoine-Paul Taravel, dit Xavier Privas (Lyon, 27 septembre 1863 – Paris, 6 février 1927). Il était le fondateur des « soirées Procope »», il s’est produit au Chat Noir et a créé le cabaret des Noctambules. D’origine médiévale, cette voie a conservé son étroitesse et son tracé doucement courbé. Au-delà de la rue Huchette, l’ancienne rue des Trois Chandeliers lui a été rattachée.

Une maison de cette rue, donnée par Pierre de Ruilée, prieur de Saint-Martin des Champs, à son monastère, était appelée maison Sacalie (13ème siècle).

La partie comprise entre les rues de la Huchette et Saint-Séverin était dénommée rue Zacharie en 1636; c’était, au 13ème siècle, la rue Sacalie ou Saqualie.

La partie comprise entre le quai Saint-Michel et la rue de la Huchette s’est appelée, suivant Sauval : rue Orillon (1246), rue Sacalie, rue Thibault aux Broches (1379-1421). D’après Jaillot, c’était au 14ème siècle la rue des Trois Chandeliers, la rue Berthe ou la rue des Bouticles; au 16ème siècle, la rue Bertret. Elle est citée dans un arrêt du 17 février 1662 sous le nom de rue Chandelière.

Par Jean-Claude THIERRY

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